Le Maroc lève le veto de l’ambassade d’Espagne à Rabat

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Le chargé d’affaires espagnol assiste à une visite de diplomates étrangers au service antiterroriste marocain

Le Maroc a levé le veto sur l’ambassade d’Espagne à Rabat. C’est ce qu’indique le fait que les représentants espagnols ont été invités à participer ce jeudi à une visite du corps diplomatique étranger accrédité à Rabat au siège de son service antiterroriste, selon EFE. Ce geste, qui à un autre moment n’allait pas au-delà d’être seulement protocolaire, est désormais un pas vers la normalisation des relations bilatérales, après la crise qui a culminé mi-mai avec l’entrée irrégulière de plus de 10 000 immigrés à Ceuta.

Ces derniers mois, Rabat a exclu l’ambassade d’Espagne de ce type d’événement, comme la rencontre qui s’est tenue le 16 juin avec le président de la Commission spéciale sur le modèle marocain de développement (CSMD), Chakib Benmoussa, au siège de la Ministère marocain des Affaires étrangères. L’Espagne n’a jamais retiré son ambassadeur à Rabat, Ricardo Díez-Hotchleitner, comme l’a fait le Maroc, qui a appelé son ambassadeur à Madrid, Karima Benyaich, pour des consultations, mais Rabat lui a opposé son veto, au moins lors d’événements publics.

En l’absence de l’ambassadeur, qui est en vacances, le chargé d’affaires espagnol, Borja Montesino, s’est rendu au siège du Bureau central d’enquête judiciaire (BCJI), qui a rejoint la légation diplomatique à Rabat cette semaine. Des représentants diplomatiques de 22 pays, dont les États-Unis, la Russie, le Canada et l’Arabie saoudite, ont participé à la visite de cet organe, le bras judiciaire de la Direction générale de la surveillance du territoire (le service secret interne).

A la fin de la visite, Montesino a souligné, dans des déclarations à la presse locale, l’importance de la coopération antiterroriste, qui, a-t-il dit, est une composante essentielle des relations entre l’Espagne et le Maroc.

Ce geste intervient après que le roi Mohamed VI a évité la semaine dernière d’évoquer la crise diplomatique avec l’Espagne dans son traditionnel discours du trône et après que le gouvernement espagnol ait multiplié les gestes d’appréciation envers le pays voisin. Cependant, le premier voyage à Rabat du nouveau ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, et le retour de Benyaich à Madrid sont toujours en suspens.

El Pais, 06/08/2021