Algérie: El Djeïch tire à boulets rouges contre le Maroc

El Djeïch : Scandale «Pegasus» – Du chantage et de la provocation à la plus ahurissante affaire d’espionnage

Les dérives et les scandales du Makhzen se succèdent, en ayant recours à toutes sortes de chantages et de provocations, faisant fi des droits internationaux et des us diplomatiques mais aussi des valeurs humaines. Après avoir poignardé l’Etat palestinien dans le dos par la normalisation avec l’entité sioniste, fait du chantage à l’Espagne avec l’affaire des immigrants clandestins, en plus de provoquer l’Algérie sans cesse et de manière obsolète qui n’échappe désormais à personne, voilà le Makhzen impliqué dans un grand scandale, digne d’un scénario hollywoodien.

Dix-sept médias ont révélé au grand jour l’affaire d’espionnage dont l’acteur principal n’est autre que le Maroc. Des milliers de téléphones de personnalités, dont des chefs d’Etat et de gouvernement, des journalistes et des activistes ont été espionnés, grâce au logiciel d’espionnage sioniste «Pegasus», cédé au royaume en contrepartie de sa normalisation avec l’entité sioniste, n’en déplaise au peuple marocain.

Ces informations choquantes ne sont pas uniquement de simples propos ou diatribes de «journaux», comme on le prétend, mais plutôt un travail d’investigation professionnel avec preuves à l’appui, suite à l’expertise technique réalisée par certains laboratoires internationaux sur certains téléphones portables ciblés. L’expertise a, en effet, prouvé que plus de la moitié des portables examinés ont été grandement espionnés, ce qui démontre sans aucun doute l’implication flagrante du Makhzen. La réfutation et le rejet des faits par les autorités marocaines ne sont que de simples propos destinés à la consommation médiatique et une mauvaise mise en scène. Le recours du régime marocain à l’espionnage n’est pas une nouveauté, son histoire pulule de faits identiques. Il suffit de souligner que certains rapports d’information ont révélé l’implication récente du Makhzen dans une affaire d’espionnage locale, avec le même programme «Pegasus», pour faire face à ses différentes crises internes.

Le scandale du régime du Makhzen est en réalité un véritable crime. Du point de vue juridique, des jours difficiles attendent le Maroc pour être entendu sur les faits et devrait rendre des comptes sur cette dérive impardonnable. Conformément aux lois et textes internationaux que le Maroc a ratifiés, il paraît clair que le régime du Makhzen a transgressé l’article 17 du pacte international sur les droits civils et politiques portant sur la criminalisation de l’immixtion dans les affaires d’autrui ou le fait de mener des campagnes illégales qui portent atteinte à leur honneur ou à leur réputation. De même, le traité de Budapest oblige les Etats à condamner ce genre de faits, tout comme le traité de 1981, connu par le traité «108», en plus de mécanismes internationaux et régionaux, à l’instar de la convention européenne des droits de l’homme qui protège la vie privée. Une fois les éléments du crime réunis, tous les indices et les preuves révèlent l’implication du royaume dans l’espionnage et la violation des libertés d’autrui.

La communauté internationale a qualifié cet acte de «totalement inadmissible» et «malvenu», voire «dangereux», demandant des explications et l’ouverture d’une enquête approfondie. Ainsi, il est évident que les Etats victimes, ainsi que les organisations internationales des droits de l’homme et la communauté internationale ne vont pas rester de marbre, mais plutôt mener une bataille juridique contre le Makhzen, car il est désormais indispensable de mettre fin à ce genre de pratiques politiques, contraires au droit international et aux droits de l’homme.

Pour sa part, l’Algérie affirme sa disponibilité à participer à tout effort international afin de confirmer les faits et mettre la lumière sur l’ampleur de ces crimes qui menacent la paix et la sécurité internationales. Aussi, notre pays a fermement condamné cette atteinte systématique aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales qui constitue également une violation flagrante des principes et normes régissant les relations internationales. Le communiqué du ministère des Affaires étrangères estime cette pratique «illégale, malvenue et dangereuse met en péril le climat de confiance qui doit présider aux échanges et interactions entre les responsables et représentants des Etats».

Après ce scandale, la légitimité du pouvoir marocain a reçu un coup dur. Aujourd’hui, la communauté internationale se méfie du Maroc, qui représente une menace pour la sécurité régionale et internationale, sachant que mêmes ses alliés n’ont pas été épargnés par ce crime. Une étude de l’Institut allemand pour les affaires internationales et sécuritaires a indiqué que les relations entre le Makhzen et son allié traditionnel, la France, sont tendues. Ledit institut a recommandé aux pays de l’Union européenne de revoir leur stratégie dans la région du Maghreb arabe et œuvrer à empêcher toute tentative de domination menée par le Maroc à travers ses pratiques contraires aux règlements.

En plus de l’image entachée du Maroc à l’extérieur s’ajoute un nombre élevé de protestations et de colère à l’intérieur, particulièrement après la conclusion du pacte de «la honte» avec l’entité sioniste. Selon les observateurs, l’état de tension dans les rues marocaines a atteint son paroxysme, suite à cet accord que le peuple considère comme un désengagement du Maroc envers la question palestinienne, ce qui a suscité la colère du peuple marocain, connu pour son attachement au droit du peuple palestinien.

Pour les observateurs, il existe une grande contradiction entre le discours officiel du Maroc et ses actes menés sur le terrain. Le Makhzen qui s’est fait le chantre des droits de l’homme, de la démocratie et du respect des libertés, fait tout le contraire. Le Maroc qui, en apparence, tend à promouvoir la politique de bon voisinage, fait l’inverse, à travers la provocation de crises avec les pays voisins sans distinction entre l’allié, l’ami et le voisin. En moins d’une année, le régime marocain vit des crises avec plus de trois Etats, en plus de sa relation avec son allié, la France, qui est en voie de détérioration, en raison de ce scandale d’espionnage.

Par ailleurs, le Makhzen n’hésite pas à solliciter l’Algérie pour la réouverture des frontières, en jouant sur les sentiments, oubliant qu’il a été le premier à porter atteinte aux relations fraternelles qui unissent les deux peuples et la cause de leur fermeture, tout en continuant à provoquer l’Algérie sur plusieurs plans. Le scandale ou l’affaire «Pegasus» serait, selon l’adage arabe, «La paille qui a brisé le dos de la mûle», et dévoile le vrai visage du Makhzen que certains observateurs classent dans la case des Etats «voyous» pour qui le droit ne représente qu’un slogan vide de sens et un simple texte écrit noir sur blanc.

El Djeïch n° 697, août 2021

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