L’Algérie remet l’Espagne à sa place, selon Me Ksentini

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Algérie-Espagne, Me Farouk Ksentini, avocat, à El Moudjahid : «Une réaction extrêmement positive»

Me Farouk Ksentini, avocat et président de l’ex-Commission nationale de protection et de promotion des droits de l’homme (CNPPDH) a applaudi la décision de l’Algérie de suspendre le Traité d’amitié avec l’Espagne.

«C’est une très bonne décision à laquelle j’applaudis des deux mains. La réaction de l’Etat algérien à ce sujet est une réaction extrêmement positive qui remet les choses à leur place et qui remet surtout l’Espagne à sa place», a souligné Me Ksentini, dans une déclaration à El Moudjahid.

Il dira, à ce propos, qu’il était convenu qu’on leur vende du gaz à eux et ils ont décidé de le revendre et de le rétrocéder au Maroc tout en reconnaissant la marocanité du Sahara occidental, ce que l’Algérie n’accepte pas parce que ça ne correspond à aucune réalité historique et géographique.

Selon l’avocat, les Espagnols se sont comportés de manière arrogante et irresponsable et il fallait leur rendre la monnaie de leur pièce.

«Le président de la République a fait le bon choix en prenant cette décision importante qui aura de lourdes répercussions sur l’Espagne», a-t-il dit, précisant que l’Espagne entretenait d’importantes relations économiques et commerciales avec l’Algérie.

Selon lui, l’Espagne va perdre beaucoup sur le plan financier dès lors que le marché algérien lui sera quasiment fermé. Selon Me Ksentini, il est devenu nécessaire de rompre et de mettre fin au Traité d’amitié qui nous lie au gouvernement espagnol.

L’avocat a indiqué que cette décision confirme une fois de plus la position de l’Algérie vis-à-vis de la cause sahraouie, de la cause palestinienne et de toutes les causes justes dans le monde.

Et d’ajouter que la position de l’Algérie sur la question du Sahara occidental est fondée sur des principes de droits non négociables et indiscutables, c’est le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

«Cette décision démontre toute la vigueur reprise par notre pays sur le plan international et la façon de traiter les affaires avec les pays amis et avec lesquels nous avons des relations. La diplomatie algérienne vient de retrouver sa place», a conclu Me Ksentini.

Kamelia Hadjib

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Une décision logique et rationnelle

La démarche d’Alger était prévisible compte tenu du virage à 180 degrés opéré par les autorités espagnoles qui, comme l’indique le communiqué officiel des autorités algériennes, «se sont engagées dans une campagne tendant à justifier la position qu’elles ont adoptée sur le Sahara occidental en violation de leurs obligations juridique, morale et politique de puissance administrante du territoire qui pèsent sur le Royaume d’Espagne jusqu’à ce que la décolonisation du Sahara occidental soit déclarée accomplie par les Nations unies». Le communiqué va droit au but et souligne «que ces mêmes autorités qui assument la responsabilité d’un revirement injustifiable de leur position depuis les annonces du 18 mars 2022 par lesquelles le gouvernement espagnol actuel a apporté son plein soutien à la formule illégale et illégitime de l’autonomie interne préconisée par la puissance occupante marocaine, s’emploient à promouvoir un fait accompli colonial en usant d’arguments fallacieux».

Il y a quelques semaines, l’Algérie avait décidé le rappel avec effet immédiat de son ambassadeur à Madrid après le brusque revirement du chef du gouvernement Hugo Sanchez dans le dossier du Sahara occidental. C’était là des signes avant-coureurs de la dégradation des relations avec un partenaire que l’on croyait fiable. La sortie de M. Sanchez va à contresens des revendications du peuple sahraoui à l’autodétermination que l’Union africaine et l’ONU ont inscrite clairement comme principes juridiques dans leurs chartes respectives.

Le Parlement espagnol a refusé de s’aligner sur la position jugée illégale du Premier ministre Sanchez, réaffirmant le droit inaliénable des Sahraouis à décider d’eux-mêmes, sur la base des résolutions pertinentes des Nations unies.

La suspension du Traité d’amitié, conjuguée à l’intensification de la coopération avec d’autres partenaires historiquement beaucoup plus fiables et plus engagés dans leur amitié, à l’image de l’Italie, l’autre grand pays d’Europe, devrait faire méditer Madrid qui récolte ainsi le fruit de sa trahison. En clair, la décision d’Alger est logique mais surtout rationnelle.

B. A.

El Moudjahid, 10 juin 2022

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