Tunisie : L’économie se fragilise

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Un rapport récent de l’Institut Tunisien de la Compétitivité et des Etudes Quantitatives (ITCEQ) paru cette semaine et intitulé  » Positionnement compétitif de l’Economie tunisienne  » s’inscrivant dans le cadre de la poursuite des travaux sur l’appréciation du positionnement compétitif de l’économie tunisienne a montré que la Tunisie est aux derniers rangs en termes de compétitivité par rapport à 27 pays considérés comme concurrents sur le marché de l’UE.

Le choix des pays concurrents s’est basé sur l’intensité de concurrence et sur l’indice de similarité et par référence à un ensemble d’indicateurs regroupés en neuf facteurs représentant multiples facettes de l’économie. A la lumière des résultats dégagés sachant que l’analyse s’est effectuée pour l’année 2018 faute de disponibilité de données récentes lors de la construction de la base de données de l’étude notamment en ce qui concerne les pays concurrents, il ressort que la Tunisie figure parmi les pays à faibles performances (22 ème) en termes de compétitivité globale (Indice synthétique de compétitivité globale – ISCG).

La Tunisie se positionne, selon les données publiées, au 25 ème rang en termes de compétitivité courante et au 20ème rang en termes de compétitivité potentielle. Plusieurs facteurs ont affiché des signes de faiblesse et sont à l’origine de ces classements relativement tardifs, révèle l’analyse. Il s’agit essentiellement de la compétitivité sur le marché interne en raison de la lourdeur de la fiscalité et des niveaux relativement faibles du revenu national brut et de la consommation privée, du secteur bancaire comme en témoignent le niveau relativement élevé de la part des prêts non productifs (PNP) et de l’usage des TIC(s) comme le montrent la faiblesse structurelle du nombre de serveurs Internet sécurisés, les nombres relativement réduits d’utilisateurs d’Internet et d’abonnés à Internet à haut débit en plus de la faiblesse de la part des ménages équipés d’ordinateurs.

‘autres points faibles se présente et concernent entre autres l’intégration et l’attractivité du pays avec un climat d’affaires qui reste encore peu favorable et une réglementation des IDE relativement rigide, la compétitivité externe en raison notamment du manque de diversification des exportations par marché et à moindre degré par produit et l’innovation suite, notamment, à la faiblesse du nombre de demandes de brevets non-résidents ainsi que des dépenses en recherche et développement. Rappelons que selon une note de la Direction générale du trésor relevant du ministère français de l’économie, des finances, de la souveraineté industrielle et numérique publiée le 8 avril dernier, le recul de la productivité et de l’investissement, de 25,4 à 17,8% du PIB entre 2010 et 2019, a affaibli le potentiel de croissance et la compétitivité de la Tunisie, fragilisant ses équilibres extérieurs.

L’économie reste, ainsi, très dépendante de la consommation des ménages (73% du PIB), peu diversifiée et exposée aux aléas cycliques des secteurs agricole (9% du PIB) ou touristiques (5% du PIB, mais jusqu’à 14% du PIB de manière indirecte). Selon la direction, l’importance d’une administration pléthorique et d’opérateurs publics non performants constitue de puissants freins à l’investissement et au développement d’une industrie compétitive alors que la dégradation de la situation d’une centaine d’entreprises publiques représentant plus de 10% du PIB et 100 000 emplois s’avère particulièrement préoccupante.

Lemaghreb.dz, 07/06/2022

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