Lutte contre la corruption en Algérie. Le modèle sud-coréen

Lutte contre la corruption en Algérie. Le modèle sud-coréen – Corée du Sud, gabégie, malversation,

Existe-t-il des «vaccins anticorruption» ? Lequel de ces vaccins est redoutable? L’Algérie figure parmi les pays qui ont ratifié en 2004 la convention des Nations Unies sur la corruption. Elle a mis en place sa loi relative à la prévention et la lutte contre ce fléau, deux années plus tard. Depuis, le pays s’est engagé dans la voie d’un long processus de formulation de la première stratégie nationale de prévention et de lutte contre la corruption. Cette stratégie suppose l’implication d’un modèle de lutte qui doit s’inspirer des approches et méthodes techniques. L’Algérie s’est déjà dotée d’un pôle pénal spécialisé. Il s’agit d’une instance juridictionnelle qui a les compétences de traiter ce genre d’affaires, liées à la corruption à la fois financière et économique.

L’Algérie qui a démontré des résultats probants en matière de lutte contre ce fléau économique, veut atteindre une stratégie peaufinée suivant un modèle de lutte pour arriver à des résultats meilleurs. Aujourd’hui, entreprises, administrations publiques et privées, assemblées élues, partis politiques, associations sont exhortés de choisir des hommes et femmes intègres, aux mains propres ou sans casier judiciaire, afin de poser les premiers jalons de ce qui deviendra, par la suite, la mouture finale de la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la corruption. Un outil d’évaluation sud-coréen est mis en avant à cet effet. Il est mis en exergue par les experts pour la première fois en Algérie. Réputé efficace, il est fortement pressenti par la stratégie de lutte.

Le président de l’Organe national de prévention et de lutte contre la corruption (ONPLC), Tarek Kour, a déclaré, lundi à Alger, que son organisme a veillé à l’implication de toutes les parties dans le processus de la préparation du projet de la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la corruption, s’appuyant sur un dispositif d’évaluation anti-corruption (AIA) de la Corée du Sud. Intervenant en début de la rencontre internationale sous le thème “Evaluation des mesures de la lutte contre la corruption en Algérie selon l’outil d’évaluation des initiatives anticorruption AIA de la République de Corée”, organisée au Centre international des conférences (CIC) par l’ONLCP et le Bureau du PNUD en Algérie, M. Kour a souligné que l’ONPLC a veillé à “l’implication de toutes les parties nationales et étrangères, publiques et privées, gouvernementales ou non gouvernementales, dans le processus de la préparation du projet de la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la corruption”.

Il a fait remarquer que l’ensemble des partenaires de l’ONPLC “ont été impliqués dans toutes les étapes du projet, en vue d’assurer un engagement total au projet de la stratégie nationale” qui comprend, “en plus des lignes directrices, un nombre de solutions pratiques qui seront traduites en plans sectoriels ou multisectoriels”. Cette stratégie, ajoute M. Kour, “contient des orientations et des activités à réaliser et définit surtout les ressources, les emplois du temps et les coûts nécessaires pour sa concrétisation”.

Le projet de la stratégie inclut aussi, selon le même intervenant, “un mécanisme de surveillance et d’évaluation qui consiste à créer le Haut comité national, placé sous l’autorité du Premier ministre et assurant la coordination entre l’ensemble des parties concernées”. Pour ce qui est de l’outil innovant qui a été mis au point et développé depuis 2002 par l’Autorité de la lutte anticorruption et les droits civils (ACRC) de Corée de Sud, M. Kour a tenu à souligner que ce mécanisme “a prouvé son efficacité, non seulement en Corée du Sud, mais également dans d’autres pays où il a été déjà appliqué”.

De son côté, la représentante résidente du PNUD en Algérie, Blerta Aliko, a indiqué que le PNUD a “le privilège d’accompagner, depuis octobre 2019, l’ONPLC dans une démarche participative qui met l’accent sur le renforcement des facteurs de résilience et des capacités des acteurs concernés et l’approche intégré basée sur la concertation, l’échange de bonnes pratiques et la consolidation des efforts déployés par les autorités algériennes”. La stratégie nationale de lutte contre la corruption, selon Blerta Aliko, “met l’accent sur l’importance des mécanismes de suivi et d’évaluation par la mise en œuvre effective et efficace des mesures arrêtées dans le plan d’action”, indiquant par ailleurs, que cette rencontre “ouvre de nouvelles perspectives pour notre partenariat stratégique”.

Pour la membre de l’Autorité de la lutte anticorruption et des droits civils coréenne, Ahjung Lee, “l’outil d’évaluation AIA a prouvé son efficacité en terme de surveillance et de suivi de la stratégie de la lutte contre la corruption”, tout en se félicitant de l’approche des deux pays, l’Algérie et la Corée de Sud, dans ce domaine.

B. HABIB

Le Carrefour d’Algérie, 23/12/2021

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