Hommage à notre équipe de Football – Viva l’Algérie

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1.-L’équipe algérienne de football vient de se qualifier et rendons lui hommage pour ce regain d’espoir qu’elle a suscité au profit exclusif de l’Algérie, qui se réconcilie avec elle-même. Ce message d’espoir renoue avec la génération de ceux qui ont libéré le pays entre 1954/1962 et celle de 1962 qui ont célébré l’indépendance nationale en brandissant fièrement le drapeau algérien. L’équipe nationale a réalisé ce qu’aucun gouvernement n’a réussi depuis des décennies, à réconcilier les Algériens avec eux-mêmes. Jamais de mémoire depuis l’indépendance politique il n’y a eu une fièvre de liesse populaire en faveur du drapeau national, dans les cafés bombés pour suivre les différents meetings, immeubles, maisons, voitures, bus et camions décorés de drapeaux, a eu lieu, et ce d’Est en Ouest, en passant du Centre au Sud. Même pour les grandes fêtes nationales, on n’a pas vu cela, une célébration ces dernières années inaugurée par des fonctionnaires dans des salles climatisées, qui est passée presque inaperçue. Cela ne veut pas dire que les Algériens n’attachent pas d’importance aux anniversaires importants comme ceux du 5 juillet ou du 1er novembre, mais qu’ils le célèbrent à leur manière, la plus sûre et la plus sincère dans le cœur.

La principale leçon que l’on peut en tirer est que la population algérienne en général et notre jeunesse en particulier (70% de la population) sont capables de miracles tant qu’on leur donne un discours de vérité grâce à une nouvelle communication et un gouvernance, permettant une mobilisation citoyenne, condition du développement de l’Algérie., cette jeunesse dynamique bien plus importante que toutes les ressources en hydrocarbures. Cette mobilisation citoyenne est donc sans précédent et les autorités devraient y réfléchir. Et oui, qui a dit que les Algériens n’aiment pas leur pays puisque la leçon vient des jeunes qui donnent des cours aux adultes.

La leçon que l’on peut tirer de cette jeunesse c’est qu’il s’agirait d’une grave erreur politique de la part de de certaines personnes ayant besoin de publicité pour faire de cette mobilisation spontanée une adhésion à leur politique et s’il y a eu cette immense mobilisation, c’est parce que la politique est hors jeu. Devant raisonner à moyen et long terme, loin des actions conjoncturelles, pour véritablement profiter de son intégration sur le marché international, le football algérien doit absolument construire un modèle dont la professionnalisation lui permettra de garder ses meilleurs joueurs plus longtemps, en supposant des mécanismes de régulation qui arbitrent. . de manière plus équilibrée entre la recherche du profit et les aléas des compétitions.

2.-Selon l’adage l’espoir fait vivre, , la majorité des Algériens s’attache, faute de mieux, à cette victoire de notre équipe de Football, mais se trouve aussitôt confrontée à la dure réalité quotidienne de la dégradation de leur niveau de vie, en n’oubliant pas la leçon des harragas que certains esprits malveillants tentent de banaliser alors qui constituent un mal social profond de désespoir. Alors comment ne pas penser à l’avenir de ces jeunes car l’Algérie dans 10 ans, c’est-à-dire demain, avec une population qui dépassera les 50 millions d’habitants, avec l’épuisement des ressources en hydrocarbures, l’âge moyen de nos filles et garçons d’environ 20 ans, aura 30 ans et en attendant ayant une exigence comme tout Algérien pour un travail, un logement, se marier, avoir des enfants, donc une demande sociale croissante, donc une obligation, assumant de préparer le poste -ère du pétrole pour les générations futures.

L’urgence est donc la refonte de l’État afin de réaliser la symbiose État-citoyen, d’empêcher la plupart des autres institutions étatiques bureaucratiques de haut en bas, par une véritable décentralisation autour des grands pôles économiques régionaux. L’on devra éviter les discours contradictoires d’autosatisfaction de la part de certains responsables, facteurs de démobilisation, où partis politiques et sociétés dites civiles vivant souvent du transfert de rente, sont incapables de faire un travail de mobilisation, de contribuer significativement à la socialisation politique et donc au redressement national, et où en cas de troubles sociaux, laissent les forces de sécurité seules en face à la population. Le vrai patriotisme se mesurera à l’avenir à la contribution de chaque Algérien à l’accroissement de sa participation à la valeur ajoutée nationale et internationale et aux gouvernants d’avoir une moralité sans faille.

En effet, le message de la liesse populaire dans cette conjoncture particulière de la victoire de notre équipe nationale, à travers cette mobilisation est plus de liberté, plus de justice sociale récompensant le travail et l’intelligence et non la distribution de rente en échange des soumissions de clientèles , en un mot un Etat de droit et une démocratie sans renier ses valeurs culturelles. Faute de quoi, les mesures autoritaires bureaucratiques centralisées, ignorant le fonctionnement de la société , sans adhésion et sans concertation, la société fait naître ses propres règles qui lui permettent de fonctionner, expliquant la prédominance de la sphère informelle dans la majorité des segments de la société, économique et politique , sociales et culturelles. La lutte contre la corruption, un véritable Etat de droit et une nouvelle gouvernance si l’on veut la combattre efficacement la bureaucratie néfaste qui constitue le plus grand danger, pire que le terrorisme qu’a connu l’Algérie entre 1990/2000 et la réorientation de la politique socio-économique conciliant efficacité économique et justice sociale profonde , sont les pistes afin de résoudre la crise multidimensionnelle à laquelle l’Algérie , possédant d’importantes potentialités, est confrontée.

Comme j’ai dû l’affirmer dans plusieurs interventions nationales et internationales, le temps perdu dans l’économie ne le rattrape jamais. Le statu quo conduit inévitablement à un faible taux de croissance , l’accroissement de l’inflation, du chômage, l’épuisement des réserves de change et à de fortes tensions sociales et donc sécuritaires.

En conclusion, la jeunesse algérienne a fait preuve d’une maturité à toute épreuve, devant évoluer vers un climat apaisé avec des concessions de part et d’autre afin de vaincre l’entropie actuelle. Tout projet est nécessairement soutenu par les forces sociales, impliquant la restructuration des partis et de la société civile sur la base de nouveaux réseaux dé-bureaucratisés. L’Algérie a besoin d’un regard critique et juste sur sa situation, sur ce qui a déjà été accompli de 1963 à 2021, et ce qui reste à accomplir au profit exclusif d’une patrie qui a besoin de se rassembler et de réunir tous ses enfants, dans le respect des différentes sensibilités. , autour d’un même projet, la même ambition et le même espoir ; le développement économique et social de l’Algérie.

Professeur des universités, expert international Dr Abderrahmane MEBTOUL

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