Sahara: Lobbying, normalisation, feuilleton sioniste du Maroc

Algérie, Maroc, Sahara Occidental, – Sahara: Lobbying, normalisation, feuilleton sioniste du Maroc

Dénoncé par les ONG marocaines : l’axe rabat-tel aviv et ses menaces pour l’algérie
La collaboration étroite entre la monarchie marocaine, son makhzen, et notamment les services de renseignement marocains alaouites est un secret de polichinelle. Elle remone, d’ailleurs, au règne de Hassan II, qui n’avait pas hésité à trahir les secrets d’un sommet arabe décisif, celui de Rabat précisément, pour la protection de l’ennemi sioniste. Cette étroite coopération s’est consolidée avec Mohammed VI qui s’en remet de plus, y compris, à Israël, son «savoir-faire» pour déstabiliser l’Algérie et lui faire payer son soutien, inconditionnel, au peuple sahraoui.

Ce sont les lobbies sionistes, à Washington et Paris, qui volent au secours de Rabat, lors des grands rendez-vous diplomatiques internationaux, et face aux désastres de la diplomatie marocaine qui ne fonctionne que par la corruption et la subornation. Ce qui est intéressant et nouveau, c’est que ce son les ONG marocaines qui dénoncent la collusion entre la monarchie alaouite et Israël. Ils n’hésitent pas à parler de Maroc-Israël connexion, en évoquant les relations qu’entretient le Maroc avec l’entité sioniste, tellement elles sont étroites. Le président américain, Barack Obama, ne s’est pas trompé de destinataire en s’adressant au roi de Maroc pour lui demander d’agir pour rompre l’isolement d’Israël au sein de monde arabe et faire accepter l’entité sioniste, comme partenaire à part entière, au détriment, naturellement, des droits de peuple palestinien victime quotidiennement d’actes criminels de la part de le soldatesque israélienne.

Le fait que le gouvernement marocain soit dirigé par l’islamiste Benkirane (du PJD, Parti de la Justice et du Développement), n’a rien changé à la colleboration entre le Makhzen et l’entité sioniste. Les ministres islamistes du gouvernement Benkirane font bon ménage avec les représentants officiels de l’entité sioniste, à l’occasion de renconres internationales. Fin mai, Abdelileh Benkirane, lui-même, a participé à un forum économique, en Jordanie, en s’affichant non loin de l’ex-président israélien, Shimon Pérès. Peu après, lors d’une réunion internationale dans le capitale française sur le transport, c’est le ministre délégué, chargé les transports, Mohamed-Najib Boulif, qui a côtoyé une délégation israélienne, conduite par Moshe Kamhi, haut cadre du ministère des affaires étrangères du gouvernement Netanyahou.

Les analystes on toutes les raisons de continuer à présenter le royaume marocain comme un exécutant de la politique israélienne, dans le monde arabe et musulman. Le Makhzen n’a pu opposer aucun argument sérieux à cette accusation. En paroles, le gouvernement marocain affirme n’avoir aucune relation commerciale officielle avec l’entité sioniste, mais, dans la réalité, c’est autre chose : les affaires vont bon train et le Maroc est classé parmi les premiers partenaires économiques d’Israël en Afrique, à travers une société israélienne ZIM.

Dans la population marocaine, il y a un fort courant, dans l’opinion, hostile à cette normalisation des relations du Maroc avec Israël. En mai dernier, l’annonce d’une visite de l’ex-président israélien, Shimon Pérès, au Maroc pour participer à la conférence de la Fondation Clinton, qui s’est tenue à Marrakech, a entraîné la mobilisation d’’ONG locales, syndicats et associations professionnelles regroupés au sein d’une «coalition marocaine pour chasser la société de transport maritime sioniste, ZIM, de notre pays», qui se sont opposés à cette visite. Les associations marocaines, qui ont qualifié Shimon Pérès de «criminel de guerre» et de «tueur d’enfants» et appelé à lui interdire l’entrée au Maroc, ont finalement réussi à conraindre le dirigeant sioniste à renoncer à sa visite.

En même temps, ces ONG on dénoncé le commerce qui se déroule dans le plus grand secret entre le Maroc et Israël. Dans sa politique étrangère, et particulièrement dans le dossier du Sahara Occidental, le maroc est fortement lié au lobby sioniste aux Etats-Unis, dans le but de tenter d’influencer les dirigeants américains sur cette question. Les documents confidentiels, publiés par le hacker Chris Coleman, ont établi ces relations concrétisées par les visites régulières, faites au Maroc, de responsables de l’American Jewish Committee, un lobby juif américain parmi les plus influents outre-atlentique, et par les renconres avec le chef du gouvernement marocain et d’autres organisations politiques du royaume.

La compromission avec Israël, directement ou à travers le lobby sioniste aux Etats-Unis, n’est pas étrangère à la voloné du Maroc d’empêcher l’aboutissement normal de la lutte du peuple sahraoui pour son droit à l’autodétermination et à l’indépendance. C’est ce combat, perdu d’avance, qui pousse également le Makhzen à s’aventurer dans les opérations d’espionnage des institutions de l’onu, comme le révèlent de nombreux documents confidentiels, et notamment le contrat passé avec une société italienne -Hacking Team- pour espionner et harponner les correspondances officielles des responsables onusiens. Dans le même temps, et grâce à la société française Amesys, le Maroc surveille étroitement toutes les communications sur son territoire et ses propres citoyens.
M. B.

Algérie 360, 02/07/2015

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Pour l’Algérie, le cyberespionnage marocain est-il la goutte qui a fait déborder le vase?

Quelques jours après la dernière flambée entre l’Algérie et le Maroc sur l’épineuse question du Sahara occidental , le scandale Pégase tend encore plus les relations entre les deux voisins nord-africains.

Pour de nombreux observateurs, le cyber-espionnage à grande échelle par le Makhzen marocain,  ou État profond, ciblant des responsables algériens et des militants de la société civile à l’aide du logiciel espion Pegasus de fabrication israélienne  n’a pas été une surprise.

« Les autorités marocaines ont infiltré les communications à travers le monde, n’épargnant ni leurs rivaux, comme l’Algérie, ni leurs alliés, comme la France »

L’enquête menée par Forbidden Stories , un réseau de journalistes dédié à la protection des journalistes et à la lutte contre la censure, a révélé comment les autorités marocaines ont largement utilisé Pegasus.

Ils ont infiltré les communications à travers le monde, n’épargnant ni leurs rivaux, comme l’Algérie, ni leurs alliés, comme la France. Même le président français Emmanuel Macron a été visé . 

Dans un communiqué, le gouvernement marocain a déclaré qu’il « rejette et condamne catégoriquement ces allégations infondées et fausses », et poursuivra à la fois Amnesty International et Forbidden Stories pour diffamation.

Qui utilise le logiciel espion Pegasus ?

Pegasus est un logiciel espion développé en 2013 par une société israélienne, NSO Group , en collaboration avec le ministère israélien de la Défense.

Quant aux « utilisateurs/clients » du groupe NSO et d’Israël, il existe un modèle de régimes d’extrême droite qui divisent, comme la Hongrie et l’Inde, et des gouvernements autoritaires dans le monde musulman, comme le Maroc, l’Arabie saoudite et l’Azerbaïdjan, en en plus des dizaines de dictateurs d’Afrique subsaharienne.

Le dénominateur commun de tous ces régimes est leur volonté d’espionner leurs propres citoyens.

L’utilisation du Pégasus par le Maroc en Algérie

Selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères , les autorités algériennes ont dénoncé l’espionnage à grande échelle des citoyens et des fonctionnaires algériens, qualifiant la pratique d' »illégale, importune et dangereuse ».

Forbidden Stories et Amnesty International ont révélé que 6 000 téléphones algériens ont été identifiés comme cibles du logiciel espion Pegasus. Certaines de ces cibles sont des hauts fonctionnaires, des officiers militaires de haut rang, des militants politiques, des universitaires, des journalistes, ainsi que des membres de divers services de renseignement. 

Le Maroc a réussi à mettre sur écoute un large éventail d’opérateurs politiques, dont la famille proche de l’ancien président Bouteflika, divers ministres des Affaires étrangères, l’ambassadeur d’Algérie en France et son attaché militaire, l’ancien Premier ministre Nourreddine Bedoui, l’avocat et président du parti UCP Mme Zoubida Assoul , anciens chefs des services secrets, l’actuel chef d’état-major le général Saïd Chengriha, l’ancien chef d’état-major Gaïd Salah, son fils, et son secrétaire particulier.

« Le Maroc a réussi à mettre sur écoute un large éventail d’opérateurs politiques, dont la famille proche de l’ancien président Bouteflika, divers ministres des Affaires étrangères, l’ambassadeur d’Algérie en France et son attaché militaire »

Tensions Maroc-Algérie

Malgré un conflit frontalier de 1963, appelé la guerre des sables, qui a coûté la vie à des centaines de personnes et a finalement défini les relations acrimonieuses des deux pays frères, l’Algérie et le Maroc partagent un héritage historique et culturel commun.

Pourtant, les régimes post-indépendance des deux pays n’ont pas réussi à traduire cette solidarité en politiques efficaces et constructives.

Certains se demandent, avec des relations déjà tendues entre les deux pays, quelles seront les conséquences des opérations d’espionnage de grande envergure sur les relations entre l’Algérie et le Maroc ?

Leur dernière bagarre s’est produite il y a deux semaines à New York lorsque l’ambassadeur du Maroc aux Nations Unies a remis une note aux pays membres du Mouvement des non-alignés, les exhortant à soutenir « l’autodétermination du peuple kabyle » en Algérie.

Le séparatisme kabyle est une ligne rouge pour le gouvernement algérien et, à la suite de cette décision, Alger a immédiatement rappelé son ambassadeur au Maroc et a fait allusion à d’éventuelles mesures supplémentaires. 

En réponse aux allégations d’espionnage marocain, le gouvernement algérien s’est dit « profondément préoccupé », et l’ Agence de presse algérienne a indiqué que le procureur de la République avait ordonné une enquête préliminaire concernant ce qu’il a qualifié de « violation manifeste des communications ».

Selon Tewfik Hamel, chercheur en histoire militaire et de défense, cet espionnage expansif va au-delà des hostilités verbales habituelles du Maroc. « Les deux pays pourraient être au bord de la guerre », a-t-il déclaré au New Arab .

« Le gouvernement algérien a opté pour une riposte sobre, car les opérations Pegasus révèlent les limites de son propre système de surveillance »

Alors pourquoi le gouvernement marocain s’est-il lancé dans une opération aussi intensive contre l’Algérie ? Le différend de plusieurs décennies sur la souveraineté marocaine concernant le territoire du Sahara occidental semble être un motif.

Le roi Mohammed IV n’a jusqu’à présent pas réussi à vendre son projet d’autonomie de la région annexée du Sahara occidental. L’Algérie, quant à elle, a soutenu le Front Polisario qui se bat pour établir un État indépendant depuis le retrait de l’Espagne en 1975 – l’ancienne puissance coloniale -, le Maroc considérant Alger comme un acteur actif du conflit.

Le deuxième motif est vraisemblablement la normalisation des relations diplomatiques entre le Maroc et Israël. L’accord, négocié par l’administration Trump, qui a accepté de reconnaître la domination marocaine sur le Sahara occidental, et que l’administration Biden a approuvé, a exacerbé les frictions avec l’Algérie.

Comment le régime algérien va-t-il réagir ?  

Lorsque les révélations ont été portées à la connaissance du public, le gouvernement algérien a opté pour une réponse modérée. Il a essayé de minimiser l’impact du « Pegasus Project », car le scandale a révélé les limites de son propre système de surveillance. 

L’Algérie avait déjà reconnu la détérioration de ses relations avec le Maroc, alors que les pays penchent vers des puissances mondiales opposées. En 2019, la Russie représentait 66% des importations d’armes algériennes, faisant du pays son premier client africain . De l’autre côté de la frontière, le Maroc a opté pour des jets américains de pointe et un satellite espion de construction française de 700 millions de dollars.

Bien que l’inimitié vieille de près de 50 ans entre les deux pays ait atteint son paroxysme avec le scandale Pégase, il est peu probable que l’Algérie et le Maroc s’engagent dans un conflit à part entière, car les opérations de cyber-espionnage de Rabat sont révélatrices d’un changement dans la guerre moderne.

La cyberguerre ne consiste pas à détruire des forces militaires sur un champ de bataille, mais à dicter sa volonté à un rival déjoué. Et c’est exactement ce que les autorités marocaines ont tenté de réaliser en Algérie en utilisant la technologie israélienne de pointe.

Dr Abdelkader Cheref, universitaire algérien et un journaliste indépendant basé aux États-Unis. Il est titulaire d’un doctorat de l’Université d’Exeter, Institut d’études arabes et islamiques. Ses intérêts de recherche sont principalement la politique dans la région MENA, les processus de démocratisation, l’islam et l’islamisme, et la violence politique avec un accent particulier sur le Maghreb (Afrique du Nord).


The News Arab, 29/11/2021

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