Maroc: Les courbettes de M6 pour le gaz espagnol

Centrale d'Aïn Béni Mathar (Jerada, Maroc) à l'arrêt pour manque de gaz

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Pour tenter de résoudre son grand problème d’alimentation en gaz naturel, le régime marocain a engagé des discussions avec le gouvernement espagnol.

Nous apprenons, en effet, qu’il y a trois semaines, des pourparlers ont été entamés entre la troisième vice-présidente du gouvernement espagnol, Teresa Ribera, et le ministère marocain de la Transition énergétique, dirigé par Leila Benali. Objectif officiel de la série de réunions, envisagé d’inverser le gazoduc pour réexporter du gaz de l’Espagne en direction du Maroc. Eu égard au profil de l’interlocutrice espagnol dans ce dossier, il est évident que la question énergétique n’est pas la seule problématique traitée. Côté Marocain, les courbettes diplomatiques ont débuté à la fin août. Le 20 août précisément, Mohamed VI parle «d’inaugurer une nouvelle étape inédite» dans ses relations avec l’Espagne. Il va récidiver le 12 octobre dernier dans un message au roi Felipe VI où il qualifiera les relations entre les deux pays «d’excellentes», tout en marquant sa «grande satisfaction». «En langage diplomatique, cela s’appelle un retournement de veste», notera un analyste politique cité par le journal La Vanguardia. Les Marocains ont, en effet, changé brutalement de discours après un printemps tumultueux où le Makhzen, à travers son tumultueux ministre des AE, avait multiplié les attaques en direction de l’Espagne. En se faisant soigner en terre ibérique, Brahim Ghali, président de la RASD, avait fait passer des nuits blanches à la diplomatie espagnole.

Conduisant Nasser Bourita et les dirigeants marocains à réagir «de manière très infantile» dixit le même analyste espagnol qui rappelle le scénario monté de toutes pièces à Ceuta où des centaines de Marocains ont été poussés par le Makhzen à envahir l’enclave espagnole. De plus, côté espagnol, on rappelle que les hostilités ont été lancées de façon unilatérale par le Maroc qui avait pris la décision d’annuler une réunion bipartite entre les deux gouvernements qui devait se tenir le 17 décembre dernier à Rabat. Même les récents changements au niveau du gouvernement espagnol ont été interprétés comme une volonté d’assurer un rapprochement entre les deux pays.

Dans les faits, il n’en est rien. Les bonnes paroles du nouveau ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, désireux sans doute de marquer sa différence avec l’attitude ferme et sans concession de son prédécesseur, Arancha González Laya, n’a pu convaincre personne. Cela a commencé le jour de son investiture, le 12 juillet, où il appelé à «persister dans l’effort» d’un retour à la normale surtout que selon lui, «tous les signaux en provenance du Maroc sont bons», a-t-il déclaré, par exemple, le 6 octobre, à « El Periódico de Catalunya ». Depuis ce temps, plus rien.

Evoquant les rapports avec le Maroc, «ils sont si bons qu’il n’a pas réussi à avoir un face-à-face avec son homologue marocain Nasser Bourita», ironise-t-on du côté de la place des Sybelles. Contrairement à ce qu’affirmait la monarchie de M6, rien n’a bougé. Même l’ambassadrice du Maroc à Madrid, Karima Benyaich, convoquée en consultation fin mai par Rabat, n’a pas encore repris ses fonctions. Idem pour les ferries qui transportent les passagers qui sont toujours interdits. Restera également à assumer le rôle de vigile pour le compte de l’Union européenne que compte imposer l’Espagne au Maroc

Rabat devra récupérer l’ensemble des clandestins. A titre d’exemple, depuis mars dernier, le nombre des immigrés clandestins arrivés aux Canaries s’élève à 13.118, rien que pour les personnes majeures. Et ce n’est sûrement pas le petit geste fait par Rabat d’accepter 700 des mineurs qui se sont faufilés à Ceuta en mai dernier qui va faire bouger les choses. Pour preuve, du côté espagnol, on semble négliger la portée de cette annonce. Seuls cinquante adolescents marocains sont pour l’instant rentrés dans leur pays. A Madrid, la volonté réelle est de faire plier les Marocains sur la question migratoire.

C. S.

L’Algérie d’aujourd’hui, 26/11/2021

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