Maroc: l’opposition qualifie la loi de finances de décevante

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ALGER- Les partis de l’opposition marocaine ont qualifié le projet de loi de finances (PLF) pour l’exercice 2022, adopté par la Chambre des représentants, de « décevant et en-deçà des attentes des citoyens » qui ont vu leur pouvoir d’achat se détériorer en raison de la hausse exacerbée des prix, atteignant la barre de 200% dans certains produits.

La Chambre des représentants (la chambre basse du Parlement marocain) a approuvé, dans la nuit de samedi à dimanche, le PLF 2022 qualifié par l’opposition de « décevant » et « touchant au pouvoir d’achat des citoyens », car n’ayant pas tenu compte de la situation déplorable de la société marocaine qui connait une grande disparité entre ses classes.

Le chef du groupe parlementaire du parti « l’Union socialiste des forces populaires », Abderrahim Chahid a qualifié le nouveau PLF de « décevant et en-deçà des attentes des citoyens », estimant qu’il s’agit d’un projet politiquement ambigu, confus dans l’ordre des priorités, et dépourvu d’une âme réformiste.

De nombreux syndicats et organisations partagent l’inquiétude de l’opposition face à la hausse vertigineuse des prix dans le Royaume depuis septembre dernier, ayant touché notamment des produits de base, d’où la dégradation accrue du pouvoir d’achat des classes vulnérables et même moyennes.

Selon l’Organisation démocratique du travail, les prix de nombre de denrées alimentaires de grande consommation, mais également de l’eau, de l’électricité, des matériaux de construction ont farouchement augmenté, une hausse qui a touché tout de même les médicaments et fournitures médicales, les analyses liées au dépistage de la Covid-19 et les carburants.

Affiliée au parti « Authenticité et Modernité » de la majorité gouvernementale, l’Organisation a révélé que « la hausse des prix de certains produits de base et services oscillent entre 20 et 200 % ».

Une hausse alarmante des prix aggrave une situation socio-économique déjà défaillante

Des médias locaux n’ont pas manquer d’évoquer l’augmentation significative des prix au Maroc, en se penchant notamment sur le prix de la semoule (25 kg) qui a augmenté de 50 dirhams (environ 5$) et celui du bidon d’huile ordinaire (5 litres) de 23 dirhams (2,5 dollars).

Cependant, les autorités marocaines continuent d’ignorer cette situation sociale dangereuse, ne prêtant aucune attention à la flambée des prix.

Il semble que le gouvernement, dans le cadre du PLF 2022, n’ait pas placé la politique de subventions parmi ses priorités et se soit satisfait d’une augmentation qualifiée d’insuffisante.

Tout observateur aux faits des affaires économiques au Maroc sait que l’augmentation des aides sociales face aux nouveaux prix, pourrait provoquer une crise sociale étouffante dans les prochains mois.

Les tentatives par certains partis de l’opposition d’introduire un impôt sur la fortune afin de parvenir à une justice fiscale et à une redistribution équitable des richesses ont échoué.

A noter que le taux de chômage au Maroc a atteint cette année, selon les chiffres du Fonds monétaire international, un taux de 12%.

Les toutes récentes manifestations dénonçant le niveau de vie déplorable et le stade avancé de la pauvreté dans le Royaume dénotent la gravité des conditions économiques et sociales dans ce pays.

APS

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