« Le Maroc veut revenir à la période des Mourabitines! »

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Le président du parti Jil Jadid assure que la démocratie ne peut être construite au détriment des intérêts supérieurs du pays. Il appelle la société politique à «se serrer les coudes» et à «réfléchir en fonction des intérêts du pays». Concernant la crise entre l’Algérie et le Maroc, il estime que ce pays voisin s’inscrit dans un axe occidental qui porte une doctrine mondialiste. Explications.

Rym Nasri – Alger (Le Soir) – Construire un État de droit et une démocratie est l’une des ambitions des Algériens qui date depuis assez longtemps. C’est ce qu’affirme le président du parti Jil Jadid, Soufiane Djilali, qui précise que la démocratie, synonyme de liberté d’expression et de liberté d’organisation de différents programmes, ne signifie point une divergence sur les intérêts primordiaux du pays. «La démocratie est un plus dans la diversité, la possibilité de trouver des solutions différentes et de sortir d’une forme d’autoritarisme ou d’hégémonie. Elle n’est en aucun cas une remise en cause des intérêts fondamentaux d’un pays», a-t-il déclaré, hier, sur les ondes de la radio nationale chaîne 3.
D’ailleurs, poursuit-il, «je trouve extrêmement étonnant que certains partis puissent s’aligner systématiquement sur des positions antinationales. Cela ne peut pas se faire au nom de la démocratie».

Pour lui, être opposant et lutter pour des idées nouvelles, pour moderniser le pays et apporter des solutions différentes de celles du pouvoir en place, est tout à fait naturel. Mais s’aligner contre les intérêts vitaux du pays reste «incompréhensible». Il estime, d’ailleurs, qu’il y a une forme de pathologie dans la volonté de chacun d’arriver au pouvoir quoi qu’il en coûte. «Cela est inacceptable !», dit-il.

Soufiane Djilali appelle ainsi la classe politique, les élites du pays, la société civile et les universitaires à se serrer les coudes et à réfléchir en fonction des intérêts du pays. «Ce n’est qu’une remise à jour de cette solidarité qui ne doit jamais quitter l’esprit de chacun de nous», souligne-t-il. Convaincu qu’il ne peut y avoir de démocratie ni d’État de droit sans stabilité du pays, il évoque certaines factions qui ambitionnent de se positionner politiquement en utilisant autant les médias sociaux que les soutiens étrangers qui «peuvent être dangereux pour le pays». Toujours est-il, il préconise de ne pas s’engager dans des politiques de répression des libertés d’expression au nom de cette volonté de sécuriser le pays. «Au contraire, le pays retrouvera sa stabilité totale le jour où les Algériens s’exprimeront librement loin de l’anarchie», note-t-il.

S’agissant de la crise entre l’Algérie et le Maroc, le président de Jil Jadid précise que la politique extérieure du Maroc qui date depuis de longues années est assez connue de par le monde.

«Le Maroc a une volonté très nette de récupérer des territoires autour de lui avec cette idée de grandeur, peut-être de revenir à la période des mourabitines et de s’octroyer des terres qui ne lui appartiennent pas», dit-il.

Il estime, toutefois, que le problème va bien au-delà de ce que pose ce pays voisin aujourd’hui, comme élément de crise en Afrique du Nord. «Le Maroc s’inscrit dans un axe occidental qui porte une doctrine mondialiste. Celle-ci est une idéologie particulière dans laquelle les alliés du Maroc jouent un rôle fondamental, notamment le mouvement sioniste dans le monde. Le danger est dans les intérêts supranationaux qui sont en train de se coaliser. Il y a un axe entre le Maroc, Israël et le monde anglo-saxon en général. Aujourd’hui, la ligne de fracture n’est plus communisme et libéralisme telle que vécue durant la guerre froide, mais elle est plutôt entre mondialisme et souverainisme», fait-il remarquer.

Selon l’invité de la radio, tous ces bouleversements idéologiques dans le monde ont des répercussions directes sur notre pays. «L’Algérie n’a pas encore déterminé sa position doctrinaire. Nous ne sommes ni dans un mondialisme effréné, ni dans un souverainisme évident. Nos partenaires sont multiples. Notre pays travaille autant avec le monde occidental, l’Europe et les États-Unis d’Amérique, mais aussi avec la Russie et la Chine. Cette position de non-alignement a des répercussions qui peuvent nous affaiblir», explique-t-il.

Rym Nasri

Le Soir d’Algérie, 09/11/2021

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