L’Algérie ferme le gazoduc pour faire pression sur le Maroc

L’Algérie ferme le gazoduc pour faire pression sur le Maroc- Rabat perd accès à ce gaz, il faut donc trouver des sources de remplacement. A court termes, il y a trois options essentielles : importer plus de produits pétroliers, importer plus de charbon et importer de l’électricité venant du continent européen.

La présidence algérienne a « ordonné », dimanche 31 octobre, au groupe public Sonatrach de ne pas reconduire le contrat du gazoduc passant par le Maroc et alimentant l’Espagne en gaz. Un communiqué diffusé par la télévision nationale précise que c’est « au vu des pratiques à caractère hostile du royaume » voisin. L’Algérie n’avait pas fait mystère, ces dernières semaines, de son intention de ne pas prolonger le contrat d’utilisation du Gazoduc Gaz Maghreb Europe (GME).

L’entreprise pétrolière et gazière algérienne Sonatrach a cessé, dimanche 31 octobre à minuit, ses livraisons de gaz pour l’Espagne et le Portugal qui passent par le Maroc. Cette décision fait suite à la crise qui persiste entre Rabat et Alger. Au mois d’août, l’Algérie avait déjà rompu ses relations diplomatiques avec le Maroc en raison des profondes divergences sur la question du Sahara occidental et sur la normalisation des relations entre Rabat et Israël.

« Un impact insignifiant », selon Rabat

Le Gazoduc Gaz Maghreb Europe (GME) acheminait, depuis 1996, environ 10 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an vers l’Espagne et le Portugal. En contrepartie, Rabat recevait annuellement près d’un milliard de mètres cubes de gaz naturel, ce qui représente 97% de ses besoins.

La moitié était des droits de passage payés en nature, l’autre, du gaz acheté à un prix avantageux. Selon un expert marocain, la redevance du transit de gaz algérien sur le territoire marocain a rapporté l’équivalent de 50 millions de dollars en 2020, perçus en nature. Désormais, les livraisons de gaz algérien à l’Espagne se feront exclusivement via le gazoduc sous-marin Medgaz, lancé en 2011.

Le Maroc affirme que cette décision « n’aura, dans l’immédiat, qu’un impact insignifiant sur la performance du système électrique national ». Rabat affirme étudier des alternatives durables, à moyen et long terme.

La Maroc perd accès à ce gaz, il faut donc trouver des sources de remplacement. A court termes, il y a trois options essentielles : importer plus de produits pétroliers, importer plus de charbon et importer de l’électricité venant du continent européen.

RFI, 01/11/2021