Maroc: M6, le « double 6 » et l’effet domino

Maroc: M6, le « double 6 » et l’effet domino. En plus de la rupture des relations diplomatiques, le makhzen devra également payer une sale note sur le plan économique.

Comme il fallait s’y attendre, l’Algérie va « punir » durement le royaume de M6 coupable d’une insupportable série de provocations attentatoires à l’unité nationale les unes après les autres. En plus de la rupture des relations diplomatiques qui est déjà une mesure extrême dans les relations entre les Etats, le makhzen devra également payer une sale note sur le plan économique. En effet, notre pays ne compte pas reconduire le contrat de fourniture du gaz naturel via le gazoduc Maghreb-Europe au royaume dont le contrat d’exploitation prend fin le 31 de ce mois, selon la très sérieuse agence Reuters citant trois sources algériennes directement au courant du dossier. Autrement dit, l’Algérie va fermer les vannes au Maroc à compter du 1er novembre prochain selon les déclarations de responsables algériens rapportés par l’agence britannique.

Au Maroc et malgré la tension maximum entre les deux pays, on continuait jusque- là à espérer que ce contrat soit reconduit et qu’il ne soit pas impacté par la rupture des relations diplomatiques. Mais c’était sans compter sur la détermination de l’Algérie de mettre un terme aux gesticulations d’enfant gâté du roi et sa cour qui se croient tout permis avec notre pays. Ils pensaient pouvoir adopter la même attitude hargneuse et belliqueuse comme ce fut le cas sous la présidence de Bouteflika.

On s’en souvient le makhzen avait même poussé son arrogance jusqu’à superviser et appuyer la profanation de l’emblème nationale un certain 1er novembre 2013, quand un nervi des services marocain avait escaladé le mur d’enceinte du Consulat d’Algérie à Casablanca pour y arracher le drapeau de son mât. Plus grave encore, cette scène surréaliste et indigne des usages diplomatiques s’était déroulée sous forte surveillance policière ! Mais si l’ex- président Bouteflika s’était contenté à l’époque d’une simple protestation formelle, le makhzen va cette fois se mordre les doigts. A travers la rupture des relations diplomatiques et la fermeture des vannes de gaz, Alger lance un message sans équivoque que désormais plus rien ne sera comme avant. Le Maroc qui pompait gratuitement le gaz algérien pour faire fonctionner une bonne partie de son industrie, va devoir aller voir ailleurs. La Directrice générale de l’Office national des hydrocarbures et des mines, Amina Benkhadra avait déclaré à l’Agence marocaine de presse (MAP), «la volonté du Maroc de maintenir cette voie d’exportation ». Mais c’est un vœu pieux puisque Sonatrach rassure son client espagnol qu’elle dispose largement des capacités d’approvisionnement via le gazoduc sous-marin Medgaz, voire même satisfaire une demande supplémentaire. Quant au gazoduc Maghreb-Europe, il va fatalement mourir comme un « double 6 » dans la main de M6. C’est la nouvelle théorie du domino !

Par Imane B

L’Est Républicain, 27/10/2021