Maïga : Pas de divorce avec la France

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« Le Mali et la France constituent un vieux couple. Il y a par moment des scènes de ménage qui peuvent survenir. Mais je ne crois pas que ça va aboutir au divorce », ainsi s’est exprimé le Chef du gouvernement malien, Choguel Kokalla Maïga à propos des récentes tensions entre les deux pays sur fond d’une coopération imminente entre Bamako et les paramilitaires russes de Wagner.

S’exprimant devant les médias à l’occasion de la 3ème édition de la journée mondiale du coton, le Premier ministre malien a déclaré que « pour l’instant, les uns sont énervés. Ils disent beaucoup de choses sur le coup de l’énervement, je pense qu’il y a beaucoup de perte de sang-froid».

Choguel Maïga a en outre déploré le manque « d’analyses apaisées et objectives de la situation ».

Les tensions sont montées d’un cran entre la France et le Mali depuis la déclaration du chef du gouvernement malien lors la 76 e Assemblée générale des Nations unies concernant un éventuel contrat entre le groupe privé paramilitaire russe Wagner avec le Mali.

Le Premier ministre a tenu à souligner  »qu’il n’y a aucun sentiment anti-français au Mali » avant de rappeler que Bamako a, toutefois, le droit et même le devoir de se tourner vers d’autres partenaires pour sécuriser le Mali y compris le très controversé groupe de mercenaires russes Wagner.

« Nous avons dit que notre partenariat avec la France n’est pas exclusif, parce que notre souci, c’est d’assurer la sécurité de nos citoyens », a-t-il souligné.

Maïga a, enfin, précisé qu’à ce jour tout ce qui concerne Wagner relève des articles de presse et des rumeurs.

« Nous avons dit que le jour où nous signerons quelque chose, nous le rendrons public. Nous n’allons pas nous cacher et nous n’avons pas honte de coopérer avec qui que ce soit pour assurer la sécurité de nos concitoyens » a-t-il martelé.

Le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, avait convoqué, mardi, l’ambassadeur de France au Mali à la suite des propos « inamicaux et désobligeants » tenus par Emmanuel Macron, président de la République française, sur les institutions de la République du Mali, avait annoncé le ministère dans un communiqué.

Le ministre a fait part au diplomate français de l’indignation et de la désapprobation du gouvernement du Mali et élevé une vive protestation contre ces propos « regrettables, qui sont de nature à nuire au développement de relations amicales entre nations », a annoncé le ministère.

 » Aussi, le ministre a invité les autorités françaises à la retenue, en évitant des jugements de valeur et appelé à une approche constructive basée sur le respect mutuel, en vue de se concentrer sur l’essentiel, notamment la lutte contre le terrorisme dans le Sahel », selon le communiqué.

Le Président français avait déclaré, le même jour, que « l’armée française n’a pas à se substituer au non-travail (…) de l’État malien ». Il a en outre, souligné « qu’on ne peut pas demander à nos soldats de remplacer ce qui est le travail de votre État ». « Nous ne sommes pas le peuple à sa place», a-t-il ajouté, plaidant que «vous ne pouvez pas bâtir l’histoire d’un peuple en agissant depuis l’extérieur et en se substituant à sa souveraineté ».

Anadolou