Macron garde les yeux braqués sur les sondages

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Le président français, Emmanuel Macron s’est encore exprimé, lundi soir, sur les relations algéro-françaises. En face de la journaliste de France-inter, le président français est apparu, plutôt tendu.

A la question sur s’il maintenait ses récentes déclarations sur l’Algérie, ce dernier a choisi une réponse qui se voulait réconciliante envers l’Algérie tout en gardant les yeux braqués sur les sondages. Il est clair que sa réélection est plus importante, pour lui, que de solliciter la bonne grâce d’Alger

Pour lui, demander pardon aux Algériens signifierait prendre le risque de perdre des points devant les candidats de l’extrême droite.

Il aura le temps, une fois élu, de changer le fusil d’épaule et de bricoler un autre son discours, comme il a toujours fait.

Le mot que le président candidat a trouvé est « l’apaisement ». Après les tensions suscitées par les propos insultants qu’il a tenu le 3 octobre dernier, Emmanuel Macron a prôné un «apaisement» sur le sujet mémoriel entre la France et l’Algérie, appelant à «cheminer ensemble ».

« Mon souhait, c’est qu’il y ait un apaisement parce que je pense que c’est mieux de se parler, d’avancer. Il y a sans doute des désaccords mais la vie, c’est fait pour parler des désaccords et aussi les partager. Je pense que simplement nous avons trop de nos compatriotes, dont l’histoire est mêlée à l’Algérie pour faire comme si de rien n’était. Donc il y aura immanquablement d’autres tensions, mais je pense que mon devoir, c’est d’essayer de faire cheminer ce travail», a-t-il déclaré.

Les déclarations du président français Emmanuel Macron sur l’Algérie sur fond de campagne électorale en France provoquent une grave crise dans les relations entre les deux pays.

Le 29 septembre, le ministère algérien des Affaires étrangères a annoncé avoir convoqué l’ambassadeur de France à Alger après la décision de Paris de réduire de moitié le nombre de visas octroyés aux ressortissants algériens. Paris a alors justifié cette mesure appliquée également au Maroc et à la Tunisie par le fait que ces trois pays rechignent à délivrer les laissez-passer consulaires nécessaires pour l’expulsion d’immigrés clandestins.

Jugeant les propos du chef d’Etat français, Emmanuel Macron, insultant pour les martyrs algériens, Alger a décidé de rappeler son ambassadeur à Paris pour consultations.

La Présidence algérienne a dénoncé, dans le texte faisant part de sa décision, «une atteinte intolérable » à la mémoire des martyrs.

Le lendemain l’espace aérien algérien était interdit aux avions militaires français qui bénéficient de ce privilège depuis 2013.

Selon des informations non confirmées, des mesures encore plus dures vont être prises par les autorités algériennes touchant les intérêts économiques de la France en Algérie. Parmi elles, des gels de contrats avec des entreprises françaises et l’annulation de plusieurs contrats en cours d’exécution ou à venir.

Faut-il rappeler que l’Algérie reste parmi les rares marchés encore florissant pour le commerce français. L’Algérie a, plus d’une fois, aidé des entreprises françaises à éviter, purement et simplement, le dépôt de bilan.

Abir. N.

La Nation, 06/10/2021