Le Maroc rejoint l’UA : motivations et significations

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Le Maroc a quitté l’Organisation de l’unité africaine (OUA) en 1984 lorsque la République arabe sahraouie démocratique (RASD, également connue sous le nom de Sahara occidental), que la monarchie marocaine considérait comme faisant partie de son territoire, a été admise à l’organisation. Cette décision équivalait à la reconnaissance de la souveraineté, de l’indépendance et du droit de la RASD à un État séparé.

Trente-quatre ans plus tard, la RASD est toujours membre de la nouvelle incarnation de l’OUA, l’UA. Après avoir fait campagne avec succès pour réintégrer l’UA, le Maroc a été réélu à une écrasante majorité le 30 janvier 2017. Cela soulève la question : pourquoi le Maroc a-t-il cherché à réintégrer l’UA, et quelles sont les implications pour la candidature de la RASD à la reconnaissance en tant qu’État indépendant ?

Ce document montre que le Maroc a rejoint l’UA dans le cadre d’une stratégie à plus long terme visant à consolider ses perspectives de leadership en Afrique et à sécuriser son contrôle sur le Sahara occidental.

Cette décision soulève également des défis importants pour l’UA dans la gestion des objectifs nationaux des États membres dominants et puissants.

UNITÉ, EN THÉORIE

Le 25 mai 1963, l’Organisation de l’unité africaine (OUA) a été créée à Addis-Abeba, en Éthiopie. Les 32 États membres signataires initiaux de l’organisation sont finalement passés à 53, dont presque tous les États africains parmi ses membres. Cependant, l’admission en 1982 de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) à l’OUA a conduit au retrait du Maroc en 1984 – une position qu’il a maintenue jusqu’à la fermeture de l’organisation.

Le Maroc considère le Sahara occidental comme faisant partie de son territoire historique et contrôle la plupart des terres. Alors que la RASD prétend que les habitants de la région pensent habiter un État indépendant, il est difficile d’évaluer la véritable opinion publique en raison du manque de données de recensement précises, en particulier pour les Sahraouis résidant sur le territoire algérien. Dans des décisions historiques de 1972 et 1975 respectivement, l’ONU et la Cour internationale de justice ont reconnu que le territoire du Sahara occidental avait besoin d’être décolonisé, sous réserve du résultat d’un référendum mandaté par l’ONU pour générer des données de recensement indispensables sur la région et connaître les sentiments du peuple sahraoui.

Cependant, le même tribunal a également noté que le Maroc pouvait revendiquer la zone en ce qui concerne les frontières précoloniales.

Selon un plan présenté par le secrétaire général de l’ONU en 1990, une période de transition devait avoir lieu pendant laquelle son représentant spécial serait seul responsable de l’organisation d’un référendum, mais le Maroc et le Front populaire de libération de la Saguia el-Hamra et Río de Oro (Polisario) s’en tient à leurs points de vue divergents sur le contenu de ce plan.

Par conséquent, la période de transition n’a jamais commencé et le référendum n’a pas encore eu lieu.

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