COP26: l’UE peine à trouver un accord

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Les pays de l’UE peinent à se mettre d’accord sur l’approche à adopter pour les négociations climatiques de la COP26

BRUXELLES, 23 septembre (Reuters) – Les pays de l’Union européenne peinent à se mettre d’accord sur leur position de négociation en vue de la conférence sur le changement climatique COP26, des divergences apparaissant sur le calendrier des engagements de réduction des émissions, selon des responsables et des documents consultés par Reuters.

L’UE élabore actuellement sa position en vue des négociations de la COP26, qui se tiendront en novembre et au cours desquelles les pays tenteront de mettre au point les règles techniques nécessaires à la mise en œuvre de l’accord de Paris.

L’une des questions qu’ils tenteront de régler est celle de savoir si les objectifs climatiques des pays dans le cadre de l’accord de 2015 doivent suivre un « calendrier commun ».

Signe avant-coureur des affrontements à venir lors de la COP26, où près de 200 pays négocieront cette question, les 27 États membres de l’UE sont divisés sur la question de savoir si les objectifs doivent couvrir des périodes de cinq ou dix ans.

Les objectifs de réduction des émissions de l’Union européenne sont parmi les plus ambitieux des grandes économies mondiales, et l’Union cherche à inciter d’autres régions à se fixer des objectifs plus stricts.

Mais les 27 États membres doivent approuver la position de négociation de l’UE lors de la COP26, et certains diplomates craignent que l’Union ne parvienne pas à présenter un front uni.

« Quel signal l’Union européenne envoie-t-elle au monde si elle n’est même pas capable d’aligner les délais communs sur l’accord de Paris ?

DES OBJECTIFS AMBITIEUX

La promesse d’un pays en matière de climat est connue sous le nom de « contribution déterminée au niveau national » (CDN).

La majorité des pays de l’UE, dont le Danemark, les Pays-Bas, l’Espagne, le Luxembourg et la France, sont favorables à un délai de cinq ans pour ces engagements, selon des fonctionnaires européens qui connaissent bien les négociations.

Selon eux, un cycle quinquennal plus court mettrait davantage de pression sur les pays pour qu’ils fixent des objectifs ambitieux, et permettrait de vérifier s’ils réduisent leurs émissions suffisamment vite pour éviter un changement climatique catastrophique.

Ils craignent également que les engagements décennaux ne permettent aux pays dont les objectifs climatiques sont moins ambitieux de passer sous silence pendant une décennie entière.

D’autres États membres de l’UE, dont la Pologne, la Bulgarie et la Roumanie, souhaitent donner aux pays le choix entre cinq et dix ans, ont indiqué des responsables européens.

« Le contenu des CDN et la volonté des parties de les mettre en œuvre prouvent l’ambition, et non la fréquence des CDN », a déclaré un diplomate d’un pays soutenant le choix de cinq ou dix ans.

Un document de l’UE proposant sa position pour les négociations de la COP26, consulté par Reuters, indique que le bloc devrait privilégier un calendrier de cinq ans. Des responsables des pays de l’UE discuteront de cette question vendredi.

Dans les négociations internationales, les États-Unis, les pays africains et les petits États insulaires sont favorables à des engagements quinquennaux en matière de climat, tandis que la Chine et l’Inde sont opposées à un calendrier unique, indique le document.

Le fait de s’engager tous les cinq ans dans le cadre de l’accord de Paris ne modifierait pas nécessairement les objectifs juridiquement contraignants de l’UE en matière de réduction des émissions d’ici à 2030 et 2050. Bruxelles fixera également un objectif de réduction des émissions pour 2040.

Par exemple, l’Union européenne pourrait soumettre à l’ONU un engagement en faveur du climat pour 2035, qui constituerait « notre meilleure estimation » du niveau d’émissions à atteindre cette année-là, afin de rester sur la voie de son objectif pour 2040, selon le document de l’UE.