L’UMA: un projet mort-né

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Pour créer un Etat national, il faudrait qu’une certaine culture de cet Etat soit une réalité vécue parmi les gouvernants et les gouvernés. La même chose pour créer un ensemble régional, à l’instar de l’Union du Maghreb Arabe, par exemple, né, il y a 32 ans, pour créer une organisation économique et politique, visant à unifier l’ensemble des cinq Etats de cette aire géographique connue sous le «très ancien» nom du Maghreb, Maghreb Arabe ou Grand Maghreb…

Le but n’était autre que d’unifier les moyens et les efforts afin de créer une force politique et économique, pouvant avoir son mot à dire, dans la politique régionale… Un peu plus de 100 millions d’habitants et une très vaste superficie géographique, dotée d’immenses richesses.

Un tel ensemble, s’il avait la chance d’être réalisé, selon ses rêves et ses aspirations, pourrait rivaliser avec l’Union Européenne.

A vrai dire, ni l’Espagne, ni la France n’accepteront de voir une force, véhiculant une langue, une culture, une religion qui ont été, tout au long de l’Histoire, une source de conflits avec le partenaire de la rive nord de la grande bleue.

Une certaine lecture propagandiste en provenance de la rive nord, laissant croire que l’échec du projet serait dû, essentiellement, aux conflits opposant quelques pays membres, notamment l’Algérie et le Maroc. Le grand point faible de ces entités politiques du Maghreb, c’est bien l’absence de souveraineté. Ce sont des pays presque pris en otage par l’ancienne puissance coloniale. Et cette dernière préfère voir les indigènes de ses anciennes colonies s’entredéchirer par et pour de faux problèmes.

Dans les cinq pays subsistent toujours, des personnalités influentes, des courants politiques, linguistiques, culturels et idéologiques qui sont reliés, comme par un cordon ombilical, à l’ancienne puissance colonisatrice d’où, ils puisent leur raison d’exister. Donc, il n’y aurait pas de projet UMA, tant que ce projet porte en son sein une religion qui a été pendant plus de mille ans, une source de conflits.

La France aime bien voir des entités maghrébines stables et sans problèmes. Cependant, elle préfère voir des pays de la rive sud faibles, anéantis, dépendant politiquement et économiquement de sa seule volonté. Rappelez-vous que c’est une opération, menée par «des services de renseignements», qui avait donné le coup de grâce à un projet qui venait de boucler ses cinq années d’existence.

Actuellement, l’UMA existe toujours, mais c’est plutôt une existence fantomatique. Les ennemis de dehors et leur cinquième colonne de dedans, continuent sans relâche à ce que ce projet ne revoie plus le jour…

Le Carrefour d’Algérie, 08/09/2021