Le western religieux

Afghanistan, femmes, talibans, etats-unis,

Madjid Khelassi

L’armée américaine quitte l’Afghanistan après 20 ans de bivouacs inutiles. Le président potiche installé par les USA a fui comme un rat, et les Talibans rentrent dans Kaboul sans avoir tiré une cartouche.

Des décennies de guerre, d’expérimentation, dans ce pays de pierres,- par un Occident jouant toujours au gendarme, et à l’expert, dans les parages du fanatisme, – finissent dans un lâchage US sans gloire.

Les Talibans entrent dans Kaboul, a dit la télé . Les populations civiles empoignent leur mauvaise étoile en cavalant vers l’immense inconnu.

Le tchador et la burqa (re) sortent des placards et les femmes sont les premières visées .

Les femmes, agnelles du sacrifice de tous les despotismes et dominations, soumises au fatum des mâles, n’ont d’autre réalité que les sévices de leur chair, et d’autres certitudes que celle de leur condition.

Bonnes à tout faire dans les Emirats ou dans les demeures cossues de Marrakech, de Djeddah et d’Istanbul , et de la majorité des capitales «musulmanes», elles sont les esclaves modernes d’un monde qui se «civilise».

Filles de la guerre, en Afghanistan, elles subissent plus depuis toujours l’aveuglement des mâles …fagotés en guerriers et rancis dans leurs haines et leurs frustrations.

Crimes et délation : sortez vos « mouchards » ! Les femmes qui se sont émancipées pendant 20 ans, paieront tout de suite .

Les « desseins » animés pendant 20 ans par l’Amérique se sont avérés inutiles . Lâcheté et poudre d’escampette. Naufrage des repères et retour au messianisme : le bien et le mal plus que jamais mixés avec une morale douteuse.

L’Afghanistan se gavera plus que jamais des avatars religieux, qui accentueront la traque de la femelle rebelle.

Et le job premier est de sévir sur «les femme-diables», de les opprimer , de leur glisser dans l’âme la certitude d’avoir à se racheter des fautes qu’elles n’ont pas commise. Elles sont déjà la chair promise sur le grand caillou de la désespérance .

Le western religieux, tourné dans le décor de pierres afghan, n’a pas fini de donner le mauvais rôle aux femmes afghanes. Shame on you…Pleutre Amérique.

La Nation, 31/08/2021