Le conflit du Sahara Occidental s’enkyste davantage

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Le conflit du Sahara Occidental s’enkyste davantage après la rupture entre le Maroc et l’Algérie

Agence EFE

Nations Unies, 28 août (EFE) – Le conflit du Sahara Occidental est plus ancré que jamais après la rupture cette semaine des relations entre le Maroc et l’Algérie, les deux pays les plus impliqués dans une confrontation qui dure depuis presque un demi-siècle.

Hier, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a annoncé la nomination du Russe Alexander Ivanko comme nouveau représentant spécial et chef de la mission de l’ONU (Minurso) dans le territoire. Sa nomination a été interprétée à tort par certains médias comme mettant fin au vide créé après la démission de l’envoyé personnel pour le Sahara, l’Allemand Horst Köhler, il y a plus de deux ans.

Cependant, un porte-parole de l’ONU a précisé à Efe que le poste d’envoyé personnel « reste vacant » et que M. Ivanko ne fait que remplacer le Canadien Colin Stewart à un poste qui concerne les questions opérationnelles et non politiques.

Le chef de la Minurso, résidant à El Aaiún, dirige cette mission de casques bleus qui, depuis des années, a été réduite, par imposition marocaine, à une simple observation du cessez-le-feu, et qui, contrairement aux autres missions de paix, n’a aucun rôle dans la surveillance des droits de l’homme, ni aucun contact avec la société civile au Sahara.

Des pays tels que l’Espagne, la France et les États-Unis n’ont cessé d’exhorter le Secrétaire général à nommer un Envoyé personnel chargé d’amener les candidats à la table des négociations et de tenter de trouver une solution politique, bien que M. Guterres lui-même ait reconnu que ce n’était pas une tâche facile après avoir sondé sans succès plusieurs candidats.

Le dernier nom à avoir été divulgué au début de l’année était celui du diplomate italo-suédois Staffan de Mistura, soutenu par le Polisario et auquel le Maroc aurait opposé son veto ; dans le passé, c’était l’inverse : les candidats soutenus par Rabat se voyaient systématiquement opposer le veto d’Alger.

Lorsque Köhler a démissionné de son poste en mai 2019, il a invoqué des « raisons de santé » qui sonnaient comme une excuse, car il n’a échappé à personne que, durant son mandat, il n’a pas réussi à faire bouger d’un iota les positions irréconciliables du Maroc et du Polisario, pas même lors des deux cycles de pourparlers entre les parties qu’il a négociés à Genève en 2018 et 2019 : les rivaux ne se sont même pas assis à la même table.

À la fin de ces pourparlers frustrés, le Maroc a clairement indiqué qu’il n’avait pas l’intention de retourner à une hypothétique table de négociation à moins que l’autre pays ayant des intérêts dans la région, l’Algérie, qui pour Rabat est celui qui héberge, arme, finance et dirige le mouvement sahraoui, ne s’y assoie, et pas avec un simple statut d’observateur.

UNE RUPTURE DÉFINITIVE

Il est plus compliqué que jamais pour Alger et Rabat de s’asseoir à la même table, après que le gouvernement algérien a annoncé mardi dernier une rupture diplomatique avec son voisin occidental, qu’il accuse de divers actes d’hostilité ; le lendemain, le gouvernement marocain a ordonné l’évacuation de son ambassade à Alger.

En effet, les fermetures d’ambassades étaient pratiquement la dernière chose qui restait à rompre entre deux États voisins dont les frontières terrestres sont fermées depuis 1994, qui n’ont aucun commerce commun et qui ne partagent même pas d’informations sur le terrorisme ou la migration dans une région où ces questions définissent leur profondeur géopolitique et marquent leur relation avec l’Union européenne.

Sans envoyé personnel nommé par Guterres, sans relations diplomatiques entre les deux poids lourds du Maghreb, il est très difficile de sortir le conflit du Sahara de la logique du « tout ou rien » dans laquelle il se trouve : alors que le Maroc n’offre qu’une autonomie vaguement définie, le Polisario exige un référendum avec l’option de l’indépendance.

Et bien que le Polisario ait rompu le cessez-le-feu avec le Maroc en novembre dernier, mettant ainsi fin à trente ans de trêve, ce geste n’a pas réussi à faire bouger l’échiquier : ni le Maroc n’a évoqué publiquement la guerre, ni le Conseil de sécurité.

Si la Minurso l’a indiqué dans ses rapports internes au Conseil, la haute politique les a rangés dans un tiroir, transformant cette guerre en une guerre inexistante.

Javier Otazu

Source: Yahoo! Noticias, 28/08/2021