Algérie: Résilience

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L’urgence d’un nouveau modèle économique, basé sur la diversification, l’économie du savoir et la promotion du savoir-faire, se pose avec acuité pour réduire la dépendance à l’égard des marchés pétroliers et gaziers, soumis aux intérêts étriqués des cartels.

L’économie algérienne ne peut plus s’accommoder de recettes induites par une monoexportation qui n’a fait que produire une illusion de richesse et discréditer les vertus du travail et de l’effort. Des tentatives de réformes économiques ont été accomplies depuis le violent choc de 1986, tendant à abandonner l’option du «tout-pétrole». Elles n’ont pas produit les résultats escomptés et le poids des hydrocarbures n’a jamais fléchi, demeurant un facteur essentiel dans le fonctionnement de l’ économie.

Les jours «bénis» d’un baril de pétrole dépassant les 100 dollars sont derrière nous. Ne subsiste alors que l’impératif d’une restructuration profonde de l’appareil économique, en vue de réduire l’emprise de la rente sur son fonctionnement.

Pour le président de la République, il est primordial de diversifier l’économie, de multiplier les sources de revenus par la valorisation des capacités agricoles, notamment sahariennes, l’industrie, l’habitat, le tourisme et l’artisanat, les petites entreprises, les start-up… ces dernières locomotives du nouveau modèle économique fondé sur la connaissance et l’innovation, en faveur d’une accélération de la transition énergétique, un axe majeur du développement durable. «Il n’y a de richesse ni de force que d’hommes», disait un économiste français du XVIe siècle.

La ressource humaine sera la base du véritable décollage de l’économie, dont la restructuration intervient parallèlement à des changements structurels d’ordre politique visant la moralisation de la vie publique et le renforcement du contrôle de la gestion et des deniers publics.

L’Algérie recèle de grandes compétences locales ou à l’étranger, d’atouts et d’infrastructures qui lui permettent de sortir de l’ornière. Le capital humain est disponible, et c’est cette jeunesse diplômée qui est capable aujourd’hui de diversifier l’économie.

La grave crise sanitaire a eu, tout de même, l’immense avantage de voir surgir un réservoir de jeunes aux qualifications indéniables.

Le secteur de la recherche est en mesure de proposer des alternatives efficaces aux nombreux problèmes posés par la gestion économique. Il a démontré qu’il peut prendre en charge des dossiers épineux et les résoudre convenablement.

Une jeunesse innovante aspire à accéder aux marchés internationaux imbus d’un haut niveau de performance et de rentabilité. Toute la question est de la débarrasser des contraintes bureaucratiques.

El Moudjahid, 22/08/2021