«Prendre au sérieux les menaces contre l’Algérie»

Ameur Mosbah, spécialiste des études stratégiques : «Prendre au sérieux les menaces contre l’Algérie»

Les complots et les manœuvres ourdis contre l’Algérie sont une réalité irréfutable, affirme l’enseignant universitaire et spécialiste des études stratégiques et sécuritaires Ameur Mosbah.

Pour cet expert les mises en garde réitérées par le chef d’état-major de l’ANP concernant les dangers qui nous guettent sont à prendre au sérieux. «Ces menaces sont une réalité et n’ont pas une invention fabriquée de toutes pièces», affirme-t-il sans ambages.

L’escalade de la menace s’est confirmée, précise-t-il, lorsque le Maroc s’est clairement attaqué à l’Algérie en soutenant, au vu et au su de tous, le mouvement séparatiste MAK. Et bien avant en acceptant d’être l’allié d’Israël et de lui servir d’assise pour l’exécution de son plan visant à déstabiliser la région, ajoute-t-il.

«L’alliance conclue récemment entre Israël et le Makhzen atteste d’une convergence de leurs intérêts dans la région et il faut s’attendre, dès lors, à des manœuvres hostiles contre l’Algérie. L’entité sioniste va user de sa grande expérience en matière de soutien des groupes séparatistes dans la gérions du Moyen-Orient, mais aussi en Afrique. On n’est pas sans savoir qu’Israël s’est allié à Khalifa Hafter pour phagocyter l’approche algérienne proposée dans le cadre du règlement du conflit libyen», analyse-t-il.

Et pour faire barrage à toute cette campagne d’acharnement, le spécialiste estime qu’il faut mettre en place des approches de défense à la hauteur des enjeux géostratégiques et à même d’anticiper toute action subversive attentatoire à la sécurité nationale.

Le peuple au cœur de la stratégie de défense

Dans son discours, Chanegriha souligne le rôle du peuple devant être une soupape de sécurité face à la recrudescence des menaces qui pèsent lourdement sur la stabilité interne.

Le professeur relève que l’implication du peuple, comme pivot dans la stratégie sécuritaire, reste l’approche la «plus efficace», car il est la cible principale des agendas des parties qui conspirent.

«Il ne s’agit plus d’une confrontation militaire sur un champ de bataille, mais nous avons affaire à un ennemi qui agit selon une stratégie de destruction et d’infiltration de l’intérieur, en engageant une série d’actions de guerre psychologique», appuie-t-il. Cette stratégie indirecte est inspirée, poursuit l’analyste, de la conception d’une guerre latente du stratège chinois Sun Tzu.

A ce titre, le professeur met l’accent sur un front interne «soudé et imperméable aux tentatives d’infiltration». En externe, il est question, voit-il, de renforcer le front à travers la reconfiguration des alliances et des relations de partenariat stratégiques avec les pays amis et voisins. Il cite la Tunisie qui peine à sortir de sa crise politique et la Libye au gouffre d’une guerre civile depuis 10 ans. Ces deux pays constituent, explique-t-il, la profondeur sociale et stratégique de l’Algérie, et toute instabilité au niveau des frontières est ou autres se répercute, ipso facto, sur la sécurité nationale. D’où l’impératif d’anticiper d’éventuels scénarios catastrophiques sur le plan sécuritaire, conclut l’analyste.


A. Mehdid

Horizons, Août 2021

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