Maroc : Ils émigrent au lieu d’empêcher l’émigration

Quand ceux qui devraient empêcher l’émigration émigrent en Espagne
Quatre éléments des forces auxiliaires marocaines s’enfuient à la nage vers Ceuta

Quatre agents des Forces auxiliaires marocaines sont arrivés, pour la première fois, à Ceuta à la nage pour demander l’asile et se rendre dans la Péninsule.

Le média espagnol El Confidential » a écrit dans son édition du jour « ceux qui doivent empêcher l’émigration émigrent aussi ».

Au cours de la semaine écoulée, quatre agents des Forces auxiliaires marocaines ont nagé jusqu’à Ceuta, selon des sources policières espagnoles. Son intention est de demander l’asile afin que, lorsque sa demande sera admise pour traitement, il puisse se rendre dans la péninsule.

C’est la première fois que des soldats marocains demandent l’asile territorial et politique. Bien qu’ils gagnent peu, moins de 500 euros par mois, ce sont des fonctionnaires de l’Etat qui perçoivent un salaire chaque mois et insistent toujours pour émigrer. Dans un pays en proie au chômage, leur situation est privilégiée. Les Forces Auxiliaires sont un corps sans parallèle en Espagne ou en Europe. Composés d’environ 45 000 hommes, ils sont placés sous le commandement des « wali » (gouverneurs) et peuvent assister la police, la gendarmerie, la protection civile, etc. Ils agissent avant tout comme une force anti-émeute sur laquelle incombe, dans une large mesure, la lutte sur le terrain contre l’émigration irrégulière. Ils sont toujours déployés dans les environs de Ceuta et Melilla.

L’émigration des fonctionnaires marocains à Ceuta est révélatrice de la situation sociale Sur les quatre agents qui ont atteint la plage de Ceuta à la nage, un seul portait des documents prouvant qu’il appartenait aux forces auxiliaires, tandis que les trois autres ont déclaré qu’ils étaient des fonctionnaires de cet organisme, mais sans fournir de preuves. La police, cependant, croit son histoire. Tricher ne leur serait d’aucune utilité. Tous étaient stationnés dans la province de Tétouan.

Les éléments auxiliaires de leurs forces de sécurité se sont en effet enfuis à la nage vers l’enclave espagnole de Ceuta afin d’y demander l’asile territorial et politique. C’est en effet ce que rapporte le média espagnol El Confidential » dans son édition du jour. L’aspect cocasse de cette affaire, qui ne saurait échapper à personne, réside très certainement dans le fait que ce sont précisément les éléments censés lutter contre ce phénomène de « harga », et dont Rabat se sert régulièrement comme moyen de chantage et de pression sur le Vieux Continent, qui s’y adonnent et s’y abandonnent désormais. Cela cristallise au mieux la gravité de la situation sociale, économique et politique dans laquelle se débat le royaume chérifien depuis de nombreuses années.

L’administration de Ceutí a hébergé quelque 800 mineurs dans des entrepôts de la zone industrielle de Tarajal, auxquels il faut ajouter plusieurs centaines qui parcourent la ville en vivant de la charité. Parmi les adultes marocains qui ne sont pas retournés dans leur pays, quelque 1 000 ont demandé l’asile en Espagne et un quart ont été admis pour traitement. Cette admission les autorise à pouvoir circuler librement en Espagne.

Désormais en froid avec ses voisins du nord, notamment l’Allemagne et le royaume ibérique, Rabat en arrive à quémander une quelconque condescendance de la part des autorités algériennes, afin que celles-ci daignent ouvrir leurs frontières communes avec le Maroc. Mais il va sans dire que rien de cela ne se fera si ce royaume belliqueux et expansionniste n’accepte pas de coopérer sincèrement avec le voisin algérien en matière de lutte contre le terrorisme, la contrebande, l’émigration clandestine et le trafic de drogue. Cela, sans oublier la question cruciale du libre et souverain choix du peuple sahraoui…

Maghreb Info, 02/08/2021

Etiquettes : Maroc, Forces Auxiliaires, Espagne, Ceuta, asile, migration, #Maroc