Algérie : Inflation politique

Par B. Chellali

En dépit de certaines apparences, la dégradation du climat politique est un fait que personne ne parvient plus à dissimuler. Il faut voir là la principale conséquence d’une arène politique aux abois depuis des années et qui n’arrive pas à se calmer. Il s’agit d’un phénomène dramatique aujourd’hui mais sans doute tragique demain pour l’avenir de la démocratie.

Cependant, une certaine politique démagogique et populiste pratiquée lors des récentes élections législatives a fait preuve de sa faillite : la cassure entre le politique-partisan et les citoyens a été plus profonde que jamais tant la société est agitée par des convulsions de plus en plus intenses et de plus en plus fréquentes. C’est que l’état d’esprit de l’Algérien face à l’aggravation de la pollution politique du moment touche les bornes du désespoir.

En poursuivant une voie complètement politicienne, tant leurs rangs organiques que dans leur environnement, nombre de politiques n’ont pas seulement déçus ceux qui croyaient en leur « intelligence politique », mais ils ont raté, ou en train de rater, la seule occasion de se procurer un « sillon » pour s’ancrer dans la société alors que pour d’autres, les plus anciens, ils viennent de perdre la boussole. Une nouvelle bataille menace ces derniers. Peu importe quand elle éclatera. Ils doivent la craindre aujourd’hui. De craindre aussi cette conséquence connexe trop redoutable que la division elle-même : la tragédie qui vit certaines formations politiques et qui est en train de se banaliser. Si elle ne l’est pas. D’où le doute qui saisit sur la profession de foi des uns et des autres, d’autant plus qu’elle apparait sans fin.

Le citoyen ne comprend pas le sens de ce drame pas plus que les véritables intérêts de ses auteurs-acteurs du moment. Il est réduit, au bout de compte, à ne plus dissimuler dans ses commentaires et prises de position publiques sa perplexité, voire son désarroi, devant de telles contradictions. La vérité, c’est que l’inflation politique actuelle est la conséquence de la politique absurde d’une certaine mouvance islamiste et ses complices dans le camp des faux démocrates, trainant ainsi derrière « personnalités nationales » et revanchards contre la stabilité du pays. Ce camp multiplie les actions à la recherche d’appuis… et ose s’infiltrer chaque jour dans la société et même les familles.

Quelle malédiction frappe donc le politique algérien ? Et que faut-il faire pour l’exorciser ? Tandis qu’on devrait faire face à ce phénomène, il faut que tout le monde garde au premier point la cohésion sociale du peuple, d’une nation qui ne peut ni ne doit stagner, ni de se laisser saigner de ses valeurs ou de sa mobilisation pour garantir son futur par une certaine idéologie vénéneuse.

Pour cela, il faut sauvegarder l’unité nationale, et Dieu sait le souci que le peuple algérien a pour sa préservation et sa défense. Aucun renoncement, nul sacrifice ne seront assez lourds pour qu’enfin les Algériens harassés puissent vivre, tout simplement en paix. C’est pourquoi, le président de la République, Monsieur Abdelmadjid Tebboune dans le message adressé à la nation, à l’occasion du 59e anniversaire de l’indépendance et de la célébration de la fête de la Jeunesse a une fois de plus réitéré que « La voie de la loyauté aux Chouhada et à notre serment envers le valeureux peuple algérien demeure, elle, inébranlable, en dépit de ceux qui se sont laissés entrainer vers la propagande et la désinformation, notamment ceux dépourvus d’objectivité et de probité, et qui ne lésinent pas à porter atteinte à l’Etat et à ses institutions ».

A présent, il s’agit de prendre la mesure des défis qui attendent les Algériens, aux plans politique, économique, social et sécuritaire afin d’arrêter les voies et moyens d’offrir un meilleure avenir qui concrétise la profonde aspiration du peuple algérien.

Le Maghreb, 07/07/2021

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