PS et LR se réjouissent de la débâcle électorale de Macron et Le Pen

Les conservateurs et les socialistes français sont d’humeur à sabler le champagne après la débâcle électorale du président français Emmanuel Macron et de la populiste de droite Marine Le Pen : après leurs victoires aux élections régionales et départementales, les partis populaires traditionnels ont commencé lundi à sonder des alliances en vue de l’élection présidentielle dans dix mois. Le taux de participation, historiquement bas, d’environ un tiers seulement des électeurs est préoccupant.

Les conservateurs français sont apparus comme la force la plus puissante avec environ 38 % des voix lors du deuxième tour décisif des élections régionales de dimanche, tandis que les listes conjointes des socialistes et des Verts sont arrivées en deuxième position avec environ 34 %. Le parti Rassemblement national de Mme Le Pen a fait bien pire que prévu, avec environ 20 %, et n’a pas réussi à remporter une seule région. Le parti de M. Macron, La République en Marche, est arrivé loin derrière avec seulement 7 %.

Les résultats apportent de l’eau au moulin des conservateurs et des socialistes français, que Macron avait humiliés lors de l’élection présidentielle de 2017. Les plus grands espoirs des conservateurs reposent désormais sur l’ancien ministre de la santé Xavier Bertrand, qui a été clairement confirmé à la présidence de la région Hauts-de-France, dans le nord de la France.

Le conservateur modéré a annoncé vouloir constituer « une grande et belle équipe » pour l’élection présidentielle d’avril 2022. Bertrand est le plus prometteur de tous les candidats conservateurs, selon les sondages. L’homme de 56 ans espère donc devenir le premier président du camp de la droite depuis l’éviction de Nicolas Sarkozy en 2012. Cependant, les sondeurs supposent jusqu’à présent qu’il ne peut pas se rendre au second tour contre Macron et Le Pen.

Les politiciens des Socialistes et des Verts voient également leurs chances s’accroître. Mais dans le camp de la gauche fortement fragmentée, on peut se demander qui pourrait battre Macron ou Le Pen. Parmi d’autres, la maire socialiste de Paris Anne Hidalgo, qui défend un cap social-écologique, est en discussion. Chez les Verts, le député européen Yannick Jadot se positionne.

Mme Le Pen veut s’en tenir à sa candidature à la présidentielle contre Macron malgré sa défaite. Mais pour cela, il faudrait que beaucoup plus de ses partisans se rendent aux urnes, a-t-elle concédé. Dans son entourage, on parle d’un « échec démocratique ». Dans la période précédant l’élection, les sondages avaient suggéré que Mme Le Pen avait une chance de remporter une élection régionale pour la première fois.

Un sentiment de morosité règne également dans le camp de Macron, son entourage parle d’une « déception ». Pour le leader français, il s’agit de la deuxième défaite consécutive après les élections locales d’il y a un an. Son parti, qui n’a été fondé qu’en 2016, n’a donc pas réussi à s’ancrer au niveau local et régional.

Néanmoins, le président s’est montré démonstrativement bon perdant : il a félicité Bertrand lundi lors d’une visite dans le nord de la France et a salué sa victoire contre le parti de Le Pen. Macron n’a pas encore officiellement déclaré sa candidature à l’élection présidentielle. Il s’était récemment lancé dans un « Tour de France » pour mesurer ses chances de réélection. Lorsqu’un jeune homme a giflé Macron devant les caméras des téléphones portables en marche pendant le processus, certains y ont vu un mauvais présage.

Le chef du gouvernement, Jean Castex, a attribué la rétention record d’environ deux tiers des électeurs à la crise de Corona, à cause de laquelle les élections avaient été reportées de trois mois. La chancelière allemande Angela Merkel (CDU) a eu un conseil : « Nous avons le vote par correspondance en Allemagne », a-t-elle déclaré lors d’une audition commune avec Castex. « Par conséquent, le taux de participation est similaire à ce qu’il serait en temps normal ». En France, le vote par correspondance avait été supprimé dans les années 1970 par crainte de manipulations.

Kleine Zeitung, 28 juin 2021

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