Algérie : La drogue, l’autre «gangrène»!

Plus de 25 tonnes de résine de cannabis ont été saisies en Algérie durant les quatre premiers mois de l’année en cours, selon un bilan de l’Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie, qui relève que la quantité saisie a enregistré une «baisse» par rapport à la même période de 2020. «Au total, 25 206,589 kg de résine de cannabis ont été saisis durant les quatre premiers mois de l’année 2021, dont 45,50% dans la région Ouest du pays», a précisé l’Office dans son rapport, se référant au bilan des services de lutte contre les stupéfiants.

La quantité de cocaïne saisie a, par contre, baissé de 42%, passant de 9 417,349 grammes à 5 462,168 grammes durant la même période de référence. En revanche, les saisies des substances psychotropes ont connu une «augmentation», passant de 1 526 894 à 1 610 592 comprimés durant cette même période, soit une hausse de 5,48%, note le même rapport. Le trafic de l’héroïne reste insignifiant.

Souvent, on a tendance à évoquer le trafic de la drogue en insistant sur le démantèlement des réseaux et de la lutte contre la drogue, mais on oublie souvent le «drogué». Le «drogué», ou le toxicomane ou encore tout simplement le consommateur de cette drogue est aussi un citoyen que l’Etat et la société devront prendre en charge. Souvent, on feint de répondre à la question: «pourquoi un jeune se drogue?».

Déjà, les centres de thérapie ou de désintoxication ne sont pas nombreux en Algérie où il faudra se pencher sur cette question. Ces centres devront être au centre de la lutte contre la toxicomanie. Il faudrait faire appel à l’aide et soutien des experts étrangers et organismes internationaux et autres ONG activant dans le domaine de la lutte contre la drogue et ayant un capital-expérience.

Le kif a toujours été disponible en Algérie même si son prix a beaucoup grimpé, par rapport aux années précédentes. Ce qui explique le recours à la consommation des substances psychotropes, qui a pris de l’ampleur chez nos jeunes.

La consommation de ce «poison» ne se limite plus aux hommes mais aux femmes aussi, ce qui est nouveau. Comment cette drogue est acheminée vers notre pays? On en parle peu. Les campagnes de sensibilisation contre les diverses drogues devront être plus «modernes», «frappantes» et permanentes, soit à longueur d’année. Les parents ne connaissent rien de ces substances psychotropes où il faudrait les «prévenir et les impliquer dans cette lutte.

Le Carrefour d’Algérie, 27 juin 2021

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