La « reine des paparazzi » française placée en détention dans un nouveau rebondissement de l’enquête sur Sarkozy

PARIS (AFP) – L’une des figures les plus puissantes du paparazzi français et un journaliste du magazine Paris Match ont été placés en garde à vue jeudi 3 juin dans le cadre de l’enquête sur la subornation de témoins, a indiqué à l’Agence France-Presse une source proche du dossier.

Mimi Marchand, qui dirige l’agence BestImage, a été placée en garde à vue pour interrogatoire à Nanterre, à l’ouest de Paris, avec le journaliste François de Labarre. Toutefois, ce dernier a été remis en liberté jeudi soir sans qu’aucune charge ne soit retenue contre lui, a indiqué son avocat à l’AFP.

M. Marchand, connu sous le nom de « Mimi », travaille en étroite collaboration avec de nombreuses personnalités riches et puissantes du monde de la politique et du spectacle, dont le président Emmanuel Macron et son épouse Brigitte.

Elle a été placée en détention et son domicile a été perquisitionné sur ordre des magistrats qui enquêtent sur la corruption présumée de l’ancien président Nicolas Sarkozy, accusé d’avoir reçu de l’argent de l’ancien dictateur libyen Moamer Kadhafi.

Nicolas Sarkozy nie ces accusations.

Marchand et de Labarre ont contribué à l’organisation d’un entretien en novembre avec l’un des principaux témoins contre Sarkozy, Ziad Takieddine, au cours duquel il a retiré ses allégations contre l’ancien chef d’État.

Par la suite, lors d’un entretien avec des enquêteurs français, Ziad Takieddine a de nouveau changé sa version des faits, revenant sur ce qu’il avait dit à Paris Match et affirmant que ses propos avaient été « déformés ».

Le site d’investigation Mediapart, qui a annoncé la nouvelle de la détention de Marchand et de Laberre, a déclaré que les deux hommes étaient soupçonnés de « négociations souterraines avec M. Takieddine » afin de le convaincre de retirer ses allégations contre Sarkozy.

En vertu de la loi française, cela pourrait constituer une infraction pénale de subornation de témoin.

Paris Match a condamné l’arrestation de l’un de ses journalistes qui, selon lui, est « contraire à tous les principes démocratiques ».

Christophe Deloire, directeur général de Reporters sans frontières, a déclaré sur Twitter qu’il était « évidemment disproportionné » que cinq officiers armés aient frappé à la porte d’un journaliste devant leur jeune enfant et que l’arrestation s’inscrivait dans un « processus juridique déplorable ».

Avant de se rétracter dans l’interview à Paris Match, Takieddine avait toujours affirmé avoir livré des valises remplies de cinq millions d’euros (S$8 millions) en liquide depuis Tripoli au chef de cabinet de Sarkozy en 2006 et 2007.

Les arrestations de jeudi sont les derniers rebondissements d’années de revendications et d’enquêtes extraordinaires contre le pugnace ailier droit Sarkozy, qui a effectué un mandat de 2007 à 2012.

Mme Marchand, réputée pour sa capacité à organiser des reportages et des photographies favorables à la presse, a travaillé en étroite collaboration avec l’épouse de M. Sarkozy, Carla Bruni, par le passé.

Son avocat n’a pas souhaité faire de commentaire lorsqu’il a été contacté.

En mars, Nicolas Sarkozy a été reconnu coupable de trafic d’influence et condamné à trois ans de prison pour avoir tenté d’influencer un juge afin d’obtenir des informations dans une autre affaire.

La majeure partie de la peine a été suspendue et il fait appel, ce qui signifie qu’il est peu probable qu’il aille en prison, mais il doit faire face à d’autres accusations, notamment dans l’affaire de l’argent liquide provenant de la Libye.

The Straits Times, 04 juin 2021

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