Algérie : Les réseaux sociaux, principal arme des indépendants

Les réseaux sociaux, meilleur refuge pour les listes indépendantes afin d’animer la campagne électorale

ALGER- Les réseaux sociaux notamment Facebook constituent le meilleur refuge pour les listes indépendantes afin d’animer la campagne des législatives du 12 juin prochain, dans le but d’attirer les électeurs car ces sites se veulent l’espace de choix pour une propagande médiatique à moindre coût, ont indiqué des candidats indépendants à l’APS.

Les observateurs de la campagne électorale qui entame mercredi son septième jour, relèveront que la majorité des listes indépendantes misent sur les réseaux sociaux, en particulier Facebook, pour faire entendre leurs voix.

Pour ce faire, ces listes ont recours à ces espaces virtuels, même avant le lancement officiel de la campagne, afin de faire connaître, d’abord, les candidats à travers l’apposition des affiches montrant la liste nominative des candidats et le numéro choisi pour se lancer dans cette campagne.

A ce titre, le candidat indépendant, Assabia Abdelhakim (circonscription électorale de Jijel) a indiqué que sa liste avait ouvert rapidement des pages sur les réseaux sociaux en vue d’expliquer et de convaincre les utilisateurs de ces réseaux du programme électoral tracé, avec l’animation de débats directs avec les sympathisants et les partisans du contenu de ce programme, l’érigeant en « espace d’interaction » qui est difficile à mettre en œuvre sur le terrain, notamment en cette conjonture sanitaire due à la pandémie de Covid-19.

Il a en outre rappelé que le recours à Facebook se veut « un choix stratégique » pour son parti qui focalise sur la communication avec la frange des jeunes, ajoutant que ce réseau « est une occasion à saisir » afin de se rapprocher des différentes catégories de la société.

Pour sa part, la candidate indépendante de la circonscription électorale d’Alger, Tamila Aouabed a estimé que les réseaux sociaux sont devenus des espaces médiatiques exploités pour la diffusion des activités de propagande sur le terrain via les vidéos, les photos, les communiqués, …etc.

Ces sites sur les réseaux sociaux, permettent également, selon la même candidate, de publier l’agenda des activités des membres de la liste et d’inviter le public pour être présent aux différents meetings animés par les membres.

Selon la même candidate, ces sites sont devenus un « média alternatif » exploité par des listes indépendantes qui manquent d’expérience en vue d’assurer la couverture médiatique de leurs activités pendant la campagne.

En dépit des avantages offerts par ces sites, un grand nombre des candidats indépendants estime qu’il est impossible de « renoncer » aux méthodes conventionelles de communication avec les citoyens qui sont primoridiales pour convaincre les électeurs.

Le manque d’expérience en marketing politique dénote une utilisation inégale des réseaux sociaux

De leur côté, les spécialistes en communication et en information estiment que le recours aux réseaux sociaux par les candidats indépendants pour animer leur campagne électorale dénote une utilisation inégale de ces sites où les candidats sont devenus dans de nombreux cas « la risée » du public.

A cet égard, le professeur en sciences de l’information et de la communication, Baaziz Brahim, a déclaré que « Le manque d’expérience dans le domaine de la communication politique chez de nombreux candidats indépendants, notamment ceux qui s’engagent pour la première fois dans la course électorale, fait montrer une quasi anarchie dans le recours à ces plateformes qui sont souvent une source de discrédit pour le candidat qui abuse de ces sites à utilisation facile et à diffusion rapide.

Et d’ajouter: « Mieux vaut pour ces candidats de demander l’aide de spécialistes dans le domaine de la propagande politique pour gérer leur campagne électorale visant à convaincre les citoyens avec des méthodes intelligentes et professionnelles » et s’éloigner de « la publication anarchique de photos et de vidéos » qui peuvent devenir une source de « moquerie ».

Pour sa part, le professeur en sciences de l’information et de la communication, Laïd Zeghlami, a affirmé qu' »on ne peut renoncer à l’utilisation des réseaux sociaux dans la propagande politique, au vu de plus de 23 millions d’Algériens sur Facebook ».

Partant, les candidats indépendants ont opté pour les réseaux sociaux afin de faire entendre leur voix à plus grande échelle, souligne M. Zeghlami, ajoutant qu’une inégalité en matière d’utilisation de ces supports considérés comme une arme à double tranchant a été relevée, d’où la nécessité de consulter des spécialistes en matière de propagande politique via internet.

Néanmoins, M. Zeghlami estimé que le recours aux réseaux sociaux par les candidats indépendants « reflète leur prise de conscience de l’importance de ces espaces », déclarant que cette expérience doit faire l’objet de nouvelles études en matière de communication politique en Algérie et d’audimat (audimètre) ».

A rappeler que les représentants des partis politiques et des listes indépendantes avaient entamé leur campagne électorale de 3 semaines, le 17 mai en cours dans le cadre des nouvelles dispositions juridiques visant à mettre l’action politique à l’abri de l’argent sale.

1483 listes dont 646 listes de partis et 837 listes indépendantes sont en lice pour ces législatives. La campagne devrait prendre fin 3 jours avant l’opération électorale conformément à la nouvelle loi organique relative aux élections.

Le décret du 21-190 du 5 mai 2021 signé par le Premier ministre stipule que « dans le cadre de l’encouragement des candidatures indépendantes des jeunes à participer à la vie politique, l’Etat prend en charge les dépenses de la campagne électorale des jeunes candidats indépendants, inhérentes aux frais d’impression des documents, de frais d’affichage et de publicité, de frais de location de salles et de frais de transport ».

APS, 27 mai 2021

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