Algérie: Le piège islamiste

Cette mouvance parraine des centaines de candidats indépendants

L’islam politique n’est pas soluble dans la démocratie. Il est la négation même de l’exercice politique en tant qu’approche séculière et rationnelle.

Hocine NEFFAH

Les élections législatives anticipées du 12 juin prochain sont parsemées d’embûche. La cause est cette frénésie islamiste qui attend aux aguets à travers son entrisme et ses stratagèmes à plusieurs facettes. Cette mouvance agit telle une pieuvre, sa dimension tentaculaire fait d’elle une nébuleuse dont la versatilité et le double langage font partie intégrante de son existence en tant qu’entité politique dangereuse dans la mesure où sa manière de faire la politique est aux antipodes des règles et les standards connus et reconnus de par le monde.

L’islam politique est bel et bien aux portes des institutions de l’Etat. Cette réalité qui agace un nombre important d’Algériens et d’Algériennes épris des valeurs républicaines et démocratiques suscite moult interrogations et questionnements. L’enjeu des élections du 12 juin prochain se présente comme un défi politique face aux pièges qui pourraient se constituer comme une véritable entrave et un blocage institutionnel de taille pour ne pas dire une impasse politique gravissime. Ledit enjeu à trait surtout à la résurgence de la nébuleuse islamiste et le retour inéluctable de son discours nihiliste et obscurantiste sur des questions politiques, économiques, sociales, culturelles et sociétales.

Les candidats sous la bannière de la mouvance islamiste sont divers et multiples. Les partis traditionnels de l’islam politique sont entrés tous en lice, c’est dire que l’enjeu est crucial, mais le plus grave ce sont les listes indépendantes qui pullulent tels des champignons. Tout le piège islamiste est là, un piège qui aura comme conséquences la mainmise sur l’institution parlementaire, et par ricochet, ils auront à imposer leur conception rétrograde sur les institutions sensibles et prépondérantes au niveau des institutions de l’Etat ou au niveau des structures vitales de la société.

L’école et les thèmes sensibles inhérents au fonctionnement de l’Etat et de la société seront soumis à une espèce d’instrumentalisation de cette mouvance qui ne lésine devant rien pour impacter les institutions de l’Etat et de la société de son empreinte anachronique et archaïque.


La République dans son expression citoyenne attachée aux valeurs de la modernité et de la rationalité devrait tenir compte de cet entrisme d’une nébuleuse qui ne recule pas quand il s’agit de sauter sur l’opportunité qui s’offre à elle. Il ne faut pas que l’enjeu des législatives anticipées se transforme comme un épouvantail et un spectre qui aura à tout renverser comme héritage et expérience politique aux antipodes de la conception théocratique. Des listes de candidats, y compris à l’étranger, qui se dissimulent derrière une présentation bon chic et bon genre, a mis un nombre important de citoyens et citoyennes, les a dénudés et démasqués en les dénonçant par rapport à l’obédience qu’ils représentent secrètement et dans l’ombre. C’est dire que la mouvance islamiste est une véritable organisation opaque et obscure d’ou sa nature tentaculaire. Il y a un risque en la demeure Algérie, il est bien réel si on maintient les choses en l’Etat et on tourne le dos au contexte brûlant qui affecte le pays au plan politique et géostratégique. Le Parlement pourrait en être le clivage de trop qui apportera son lot de crise politique des plus aiguës en menaçant de la sorte la stabilité institutionnelle de l’Etat national. Ces élections législatives anticipées ce ne sont pas du tout une sinécure, bien au contraire, elles constitueront un enjeu et un risque dont les conséquences pourraient en être néfastes si les islamistes auront la majorité des sièges au Parlement. Ils se cachent derrière de fallacieuses sémantiques et des semblants de discours conçus juste pour la circonstance et la conjoncture comme une tactique connue et répandue chez cette nébuleuse, surtout les mouvements affiliés à l’organisation des Frères musulmans comme c’est le cas pour le Mouvement de la société pour la paix (MSP) et le Front pour la justice et le développement (FJD) et leurs dérivés.

Il faut tenir compte de ce risque qui n’est pas des moindres, c’est un risque crucial, dans la mesure où cela pourrait impacter les rouages de l’Etat et déstabiliser la dynamique sociétale. Le temps est à la prudence et à la vigilance, l’islamisme n’est pas une sorte d’épiphénomène dont le traitement nécessite une démarche pragmatique. L’islam politique n’est pas soluble dans la démocratie, il est la négation même de l’exercice politique en tant qu’approche séculière et rationnelle.

L’Expression, 27 mai 2021

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