« Le Maroc a une stratégie d’État sur Ceuta et Melilla et la volonté de la maintenir à long terme ».

« Le Maroc a une stratégie d’État sur Ceuta et Melilla et la volonté de la maintenir à long terme ». C’est ainsi que Carlos Echeverría, directeur de l’Observatoire de Ceuta et Melilla, a posé les bases dans le cadre de la conférence Ceuta et Melilla, la frontière sud de l’Europe, qui s’est tenue ce matin à l’Association de la presse de Madrid dans le cadre des commémorations de la Journée de l’Europe.
« La revendication territoriale sur les villes est pour le Maroc une affaire d’État », a soutenu Echeverría, « aussi sa pression sur les frontières de Ceuta et Melilla ne cessera pas ». En ce sens, a-t-il souligné, « il est opportun que l’Espagne ait sa propre stratégie d’État sur les villes », une conclusion qui a survolé les deux panels qui ont constitué cet événement organisé par l’Observatoire de Ceuta et Melilla de l’Institut de sécurité et de culture.

La conférence a abordé la situation de Ceuta et Melilla en tant que frontière de l’Union européenne, tant du point de vue des villes autonomes elles-mêmes que de celui de Bruxelles. Pour cela, outre Carlos Echeverría, Carlos Rontomé, deuxième vice-président de Ceuta ; le colonel Antonio Sierras, chef du commandement de la Garde civile à Melilla ; et les députés européens et anciens ministres de la Justice et de l’Intérieur, respectivement, Juan Fernando López Aguilar (S&D) et Juan Ignacio Zoido (PPE).

Dans ce sens, comme cela a été soulevé lors de la conférence, « l’UE devrait avoir une attitude claire envers les attitudes unilatérales du Maroc sur ces frontières, puisqu’il s’agit de frontières externes de l’UE, et pas seulement entre l’Espagne et le Maroc ». Selon le deuxième vice-président de Ceuta, les deux villes « ont besoin d’une implication décisive de l’Espagne et de l’Union européenne ». Une idée reprise à son tour par le colonel Sierras, pour qui « les revendications territoriales du Maroc ne peuvent être contrées qu’à partir de la position claire d’appartenance à l’Espagne et, par conséquent, à l’Union européenne ».

Echeverría a approfondi cette idée, soulignant que « heureusement, ce ne sont pas seulement des territoires espagnols mais aussi des territoires communautaires », de sorte qu' »il serait opportun de disposer des moyens nécessaires à un contrôle efficace des frontières terrestres de Ceuta et Melilla en vue de leur réouverture ».

Comme l’a souligné le colonel Sierras, « il ne faut pas oublier que les grandes différences économiques et de revenus entre les deux pays dans ces territoires frontaliers font que, de facto, les deux villes offrent des services de santé ou d’éducation ainsi que d’autres de nature sociale aux citoyens marocains et qu’un nombre important de travailleurs marocains fournissent leurs services à Ceuta et Melilla ».

A titre d’exemple, le colonel a souligné que le nombre de naissances de femmes étrangères à Melilla est passé de 1 489 en 2019 à 379 en 2020. Plus précisément, 269 naissances de femmes étrangères ont eu lieu jusqu’au 13 mars et 110 depuis cette date jusqu’à la fin de 2020.

Pour toutes ces raisons, il a été conclu que « pour Ceuta et Melilla, une plus grande présence de l’Union européenne sur leurs territoires serait positive », selon les mots du directeur de l’Observatoire de Ceuta et Melilla, qui a également averti que « tout renforcement du Maroc sur la scène internationale peut avoir un impact majeur sur une plus grande pression sur les villes ».

Ceuta TV, 14 mai 2021

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