L’Algérie desserre l’étau-Elle rouvre partiellement ses frontières

Walid AÏT SAÏD

Les Algériens et les étrangers seront autorisés à rentrer dans le pays. Néanmoins, cela se fera désormais sous des conditions très strictes afin d’éviter l’importation de nouveaux cas de variants du coronavirus.

Bonne nouvelle pour les Algériens encore bloqués à l’étranger. Ils pourront bientôt regagner le pays. En effet, l’Algérie a décidé de rouvrir partiellement ses frontières, en autorisant, notamment les vols de rapatriement. C’est ce qu’a annoncé, jeudi dernier, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid.

En visite à l’hôpital de Boufarik, pour le premier jour de l’Aïd El Fitr, il a fait savoir que le Comité scientifique avait proposé l’allégement des restrictions aux frontières. «Nous avons mené une étude et donné des instructions, selon les orientations du Comité scientifique, en vue d’autoriser prochainement l’entrée des Algériens sur le territoire national», a soutenu le ministre en marge de sa visite au ser-vice des maladies infectieuses à l’Etablissement hospitalier de Boufarik. Les Algériens ne sont pas les seuls qui pourront rentrer au pays. Benbouzid fait savoir que les étrangers ayant des obligations professionnelles dans le pays seront aussi autorisés à franchir les frontières du pays. Un retour donc à la même situation qui prévalait avant mars 2021, et la re-fermeture presque totale des frontières. Ce qui va, néanmoins, changer est le fait que des conditions plus strictes seront imposées à ces voyageurs. «Les personnes entrant en Algérie, ressortissants ou étrangers, devront présenter, à leur arrivée, un test PCR de moins de 36 heures, et se soumettre à des tests que nous estimons fiables», a souligné le ministre. «Les sujets négatifs seront autorisés à entrer et seront informés des recommandations et consignes à suivre. Les sujets positifs seront, quant à eux, soumis à un confinement de 10 jours», a-t-il soutenu. Cependant, les frais de ce confinement ne seront plus à la charge de l’État.

«Les frais du confinement et des examens subis à l’arrivée seront à la charge du concerné», a-t-il averti insistant sur le fait que cela avait pour but d’éviter l’importation de nouveaux variants. Mais ces mesures sont-elles suffisantes, particulièrement pour les voyageurs venant des pays à risque? Surtout que le premier responsable de la santé annonce que 15 nouveaux cas du très virulent variant indien ont été détectés dans le pays. «13 cas du variant indien du coronavirus ont été enregistrés dans le Sud du pays et un autre cas à Tizi Ouzou», a-t-il révélé. Ce qui porte le total à 20 cas. Il faut ajouter à cela plus de 200 cas des variants britanniques et nigérians. Ce qui a failli mener le pays vers une troisième vague des plus incontrôlables.

Afin d’éviter le «remake» de ce triste épisode, le Comité scientifique veut que les voyageurs des pays à risques soient soumis à des mesures encore plus «dures». «Les voyageurs en provenance de pays où les variants sont très répandus, seront soumis à d’au-tres examens, sachant que les symptômes n’apparaissent pas systématiquement dès le début de la contamination», a rassuré le ministre de la Santé. Les services sanitaires aux frontières ainsi que la PAF devront donc redoubler de vigilance pour tracer l’itinéraire de ces voyageurs. Surtout que la majorité de ceux qui viennent des pays classés rouges arrive à travers des escales de pays où la situation sanitaire est plus stable. De l’aveu même du ministre, les différents variants sont «rentrés au pays» avec des travailleurs indiens et chinois qui travaillent dans des bases de vie au Sahara et dans d’autres régions du pays. Ces derniers ont fait escale dans des pays du Moyen-Orient, dont les compagnies aériennes continuent d’opérer des vols vers l’Algérie.

Enfin, Abderrahmane Benbouzid a freiné les «ardeurs» de ceux qui pourraient croire que ces allégements sont les prémices d’un retour normal des entrées et sorties du territoire. «La réouverture des frontières relève des prérogatives du président de la République, Abdelmadjid Tebboune», a-t-il conclu avec ce qui semble être un message clair et net…

L’Expression, 15 mai 2021

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