L’absence d’un sous-marin met le Maroc en position de désavantage face à l’Algérie et l’Espagne (média spécialisé)

Analysant la force navale espagnole, le site Info Defensa met en exergue les conclusions suivantes :

L’année prochaine, cela fera 20 ans que le conflit de Perejil a eu lieu. Un détail de ce moment, qui est peut-être passé inaperçu, est l’écrasante puissance navale mobilisée par l’Espagne, alors que le Maroc n’a pas fait de même avec ses vaisseaux amiraux. Très probablement parce que l’Espagne a maintenu le sous-marin Tramontana à un point indéterminé du détroit de Gibraltar. D’autre part, l’Espagne aurait-elle mobilisé un tel nombre de navires si le Maroc avait eu une force sous-marine ?

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L’Algérie et le Maroc sont les deux pays d’Afrique du Nord qui investissent le plus dans la défense. Avec une rivalité évidente, ils augmentent de manière inquiétante leur niveau de belligérance pour s’imposer comme une puissance régionale de premier plan.

Au début du siècle, l’Algérie a provoqué un déséquilibre des forces en termes de puissance sous-marine en Méditerranée occidentale avec l’acquisition de quatre sous-marins de classe Projet 636M. Ces submersibles sont considérés comme les sous-marins conventionnels les plus silencieux du monde et sont surnommés « trous noirs ».

Cette acquisition peut être comprise en fonction des principaux points de la politique étrangère algérienne :

– Les relations plus que mauvaises avec le Maroc.

– De bonnes relations avec la Russie.

– L’instabilité de ses frontières en raison des groupes terroristes islamiques.

– Politique énergétique.

Mais ce qui définit l’Algérie comme une puissance déstabilisatrice dans la région, en référence à sa force sous-marine, c’est qu’elle possède déjà sa propre école de sous-marins pleinement opérationnelle et qu’elle a réussi à lancer un missile depuis un sous-marin vers la terre (Asuw). Une capacité que seul Israël possède dans toute la Méditerranée, du moins jusqu’à ce que les sous-marins nucléaires français de classe Barracuda soient pleinement opérationnels.

Dans tout ce contexte, c’est le Maroc, principal rival de l’Algérie en Méditerranée occidentale, qui se trouve dans la situation la plus défavorable. Ne disposant d’aucune arme sous-marine à l’heure actuelle (ou dans un avenir proche) malgré son insistance à en acquérir, elle tente par tous les moyens de pallier la situation par des mesures secondaires visant à atténuer l’infériorité de l’Algérie avec des corvettes néerlandaises de classe Sigma, une frégate française de classe Fremm, la méga construction de la base navale de Ksar Sghir à dix miles au large de Ceuta ou, par exemple, en intensifiant les relations avec la France et les États-Unis.


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L’effet dissuasif de l’arme sous-marine, une réalité qui a conduit à un déséquilibre des forces entre les puissances de la Méditerranée occidentale avec de nouveaux acteurs pertinents et a encore accentué l’incertitude constante dans la planification des opérations. L’exemple paradigmatique, comme nous l’avons vu, est l’Algérie, mais l’Espagne et la France espèrent renouveler leur flotte ; le Maroc est à la recherche d’un sous-marin, et l’attention portée aux nouveaux sous-marins acquis par les puissances se multiplie.

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