Une série marocaine qui fait scandale, est interdite sur le réseau VOD saoudien de MBC

Une nouvelle fois, le cinéma et l’audiovisuel marocain sont sous les feux de la critique arabe. Après la polémique avec l’Algérie, le financement et le sujet d’un film américain réalisé par un Marocain sur le terrorisme, impliquant des djihadistes venus de l’Algérie, voici que le Maroc s’embrouille avec l’Arabie saoudite.

En effet, l’organe de contrôle de l’audiovisuel en Arabie saoudite a interdit la diffusion du film Victimes du licite, où l’actrice marocaine Nisrine Erradi joue le rôle principal.

La série Dahaya Halal diffusée sur la plate-forme Shahid du Groupe MBC a créé le débat sur les réseaux sociaux, suite à des scènes impliquant l’actrice marocaine Nisrin Erradi, ce qui a mené la Commission générale de l’audiovisuel (Gcam), en Arabie saoudite, à suspendre la diffusion de la série saoudienne. L’instance audiovisuelle du royaume a également interdit la diffusion de messages publicitaires jugés irrespectueux et décidé de sanctionner la boîte de production et la chaîne.

Après avoir visionné le film, l’organe saoudien a indiqué que le contenu ne respecte pas les règles déontologiques en vigueur. De plus, le film ne disposerait même pas de visa d’exploitation.

Diffusé sur «Shahid Vip», la chaîne payante du groupe MBC, le film traite d’un, «mariage mysiar» où une femme libérée incarnée par Nisrine Erradi accepte d’épouser un jeune mineur. La star marocaine avait été vivement critiquée par les internautes pour son choix qui, selon eux, fait la promotion de la pédophilie.

C’est à travers un communiqué sur Twitter, publié le 30 décembre, que la Gcam a annoncé que toutes les publicités de la série seront également supprimées des réseaux sociaux. Cette décision s’applique à l’encontre de l’institution qui produit la série et la plate-forme de streaming, puisque Dahaya Halal viole les règles des contenus des médias.

Les internautes saoudiens, outrés écrivaient que la série «offense la société saoudienne et favorise le harcèlement sexuel des enfants».

Ce n’est pas la première fois que le Maroc est impliqué dans un tel scandale médiatique et cinématographique lié à la débauche et à la sexualité. Plusieurs films marocains traitent de ces sujets tabous de la sexualité et homosexualité, à l’image du film Casa Negra ou encore Zéro de Lakhmari ou surtout Much loved, de Nabil Ayouch qui raconte le quotidien des prostituées à Casablanca. Bien que le gouvernement marocain soit islamiste, il a autorisé la diffusion de ces films au Maroc. Des moeurs qui sont traitées en toute liberté dans le cinéma mais qui sont censurées sur les chaînes de télévision marocaines beaucoup plus conservatrices. Le Maroc a obtenu la diffusion de plusieurs de ses programmes sur MBC5 mais doit passer par la censure saoudienne.

L’Expression, 27 jan 2021

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