Algérie : La problématique de la disponibilité des vaccins anti-covid

Le docteur Lyes Merabet, un des médecins les plus engagés dans la lutte pour un secteur sanitaire public performant, n’est pas satisfait du tout de la communication institutionnelle relative à la campagne de vaccination contre la Covid-19. Et il n’hésite guère à le déplorer dans un entretien accordé hier à TSA. Pour lui, l’information telle qu’elle est gérée actuellement par les autorités sanitaires notamment « se fait de manière vraiment très timide ».

« On donne l’impression qu’on n’est pas sûr de soi, on est en train d’avancer des délais et des échéances, et même beaucoup de suppositions au nom de responsables. Or, lorsqu’on s’exprime en tant que responsable, je pense qu’il faut être formel, affirmatif et précis », a-t-il estimé. « Lorsqu’on entretient ce genre de communication avec la population, elle ne fera que renforcer la méfiance et rendre complexe l’entreprise de persuasion pour la vaccination », a-t-il relevé.

Un constat des plus amers établi par un praticien connu pour son engagement sur le terrain depuis longtemps, qui a toujours refusé de cautionner certaines pratiques mercantiles, devenues hélas la règle aujourd’hui. Il n’est seulement pas inquiet du retard dans la réception des lots commandés notamment auprès des Russes ; mais il soulève un vrai problème, celui de la disponibilité des vaccins.

Pour lui, « le nœud gordien demeure la disponibilité du vaccin ». « On a passé commande mais on ne sait toujours pas si les doses du vaccin vont arriver régulièrement pour que la campagne de vaccination contre la Covid-19 puisse se faire correctement », a-t-il observé, faisant remarquer qu’ « il faudra non seulement assurer la première dose à la personne à vacciner mais aussi assurer la dose de rappel dans les délais escomptés ».

En résumé, il a estimé que « la problématique réside dans la disponibilité du vaccin, et en quantités suffisantes pour que, une fois la campagne lancée, on ne connaisse pas de mauvaises surprises. Notamment si l’on doit s’arrêter en cours de chemin tout simplement parce que les autres doses ne sont pas arrivées ». Une crainte tout à fait légitime soulevée par de nombreux praticiens.

Le docteur Lyes Merabet et tout en admettant l’existence d’une grosse pression sur les producteurs, n’a pas manqué de s’interroger à propos du retard enregistré dans la réception des premiers lots du vaccin russe. « Honnêtement, je ne peux pas expliquer pourquoi les vaccins ne sont pas encore arrivés. Mais je sais qu’il y a une pression sur tous les producteurs », a-t-il reconnu.

M. M.

L’Est Républicain, 20 jan 2021

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