Les phosphates sahraouis utilisés pour soudoyer des pays

Le Maroc a offert gracieusement au Panama 3000 tonnes de fertilisants (156 conteneurs), provenant des gisements de Boucrâa. Ces fertilisants ont été livrées au mois de juin 2014 et sont restés abandonnés au port du Panama City pendant de longs mois accumulant les frais d’entreposage. Ce don a été accordé avant l’investiture, le 1er juillet 2014, de l’actuel Président panaméen, M.Juan Carlos Varela et la mise en place du nouveau Gouvernement du Panama qui a décidé la réouverture de l’ambassade sahraouie au Panama.
En outre, la livraison de ces fertilisants a été gérée par l’ex-Ambassadeur du Panama à Rabat, M.Demetrio Olaciregui, qui, avant son départ définitif du Maroc, n’en aurait laissé aucune trace au niveau de son Ambassade et n’en aurait pas informé son successeur, l’actuel Chargé d’affaires panaméen.
Le Ministère panaméen des Relations Extérieures, vient à peine de s’enquérir de ce don et n’en avait jamais été informé auparavant, sachant que cette livraison de fertilisants aurait été coordonnée à travers l’Agence Marocaine de Coopération Internationale, avec l’entremise de l’ex-Ambassadeur panaméen à Rabat.
L’entreposage de ces 156 conteneurs de fertilisants au port a engendré, depuis plusieurs mois, un coût total de 1.000.000 (un million) de dollars US, que le Gouvernement panaméen est dans l’impossibilité de régler aux autorités portuaires privées. Afin d’éviter que les frais d’entreposage au port ne s’élévent davantage, les autorités panaméennes ont préconisé aux Marocains de revendre ces fertilisants à une compagnie privée, à un prix presque dérisoire, afin de permettre le paiement du montant de 1.000.000 de dollars que le Gouvernement panaméen doit régler aux autorités portuaires.
Cette question a fait l’objet de discussions, en marge des travaux de la 69ème session de l’Assemblée Générale des Nations Unies, entre le MAE marocain et son homologue la Vice-présidente et Ministre des Relations Extérieures du Panama, Mme Isabel de Saint Malo de Alvarado.
L’opacité entourant cette affaire rappelle les procécédés utilisés par la mafia pour couvrir ses activités de blanchiment, en se débarassant des piéces administratives compromettantes; C’est le cas pour cette affaire de livraison.
Voici le texte intégral d’une note marocaine á cet égard:
PANAMA / FERTILISANTS
Le Chargé d’Affaires a.i. du Panama à Rabat, M. Pablo Garrido Arauz a été instruit par son Ministère afin d’effectuer une démarche urgente auprès de notre Département pour l’informer de ce qui suit :
– Notre pays a bien voulu offrir au Panama un don de près 3000 tonnes de fertilisants (156 conteneurs) livrées depuis plus de deux mois et se trouvant actuellement dans un port panaméen ;
– ce don a été accordé avant l’investiture, le 1er juillet 2014, de l’actuel Président panaméen, M. Juan Carlos Varela et la mise en place du nouveau gouvernement du Panama, sachant que la livraison de ces fertilisants a été gérée par l’ex-Ambassadeur du Panama à Rabat, M. Demetrio Olaciregui, qui, avant son départ définitif du Maroc, n’en aurait laissé aucune trace au niveau de son Ambassade et n’en aurait pas informé son successeur, l’actuel Chargé d’affaires a.i. panaméen ; 
– le Ministère panaméen des Relations Extérieures, vient à peine de s’enquérir de ce don et n’en avait jamais été informé auparavant, sachant que cette livraison de fertilisants aurait été coordonnée à travers l’Agence Marocaine de Coopération Internationale, avec l’entremise de l’ex-Ambassadeur panaméen à Rabat ;
– en conséquence, l’entreposage de ces 156 conteneurs de fertilisants au port a engendré, depuis plus de deux mois, un coût total de 1.000.000 (un million) de dollars US, que le gouvernement panaméen est dans l’impossibilité de régler aux autorités portuaires privées ;
– le Chargé d’affaires a.i. a indiqué que la seule solution préconisée par son Département pour éviter que les frais d’entreposage au port ne puissent s’élever davantage consiste à revendre ces fertilisants à une compagnie privée, à un prix presque dérisoire, afin de permettre le paiement du montant de 1.000.000 de dollars que le Gouvernement panaméen doit régler aux autorités portuaires ;
– Aussi, le Ministère panaméen des Relations Extérieures souhaite vivement connaître l’avis de notre Département quant à la solution proposée, sachant qu’il n’entreprendrait pas une telle démarche si elle venait à être interprétée par notre pays comme un geste abusif ou inamical, en tenant compte du fait que seule cette revente est de nature à débloquer l’impasse administrative et financière à laquelle ce pays se trouve actuellement confronté.
Il convient de signaler qu’une rencontre bilatérale entre Monsieur le Ministre et la Vice-présidente et Ministre des Relations Extérieures du Panama, Mme Isabel de Saint Malo de Alvarado, est prévue à New York en marge des travaux de la 69ème session de l’Assemblée Générale des Nations Unies, et qu’elle constituera l’occasion de traiter de cette question ; les autorités panaméennes souhaitant obtenir une prompte réponse en l’objet.
Les instructions de Monsieur le Ministre sont sollicitées en l’objet.