Lâches face aux rois

Par Kamel Moulfi
Un premier sommet Maroc-CCG s’est tenu à Riyad mercredi 20 avril, il y en aura d’autres, ce qui indique qu’il s’inscrit dans une démarche planifiée. Contre qui ? L’engouement récent des pays du Conseil de coopération du Golfe pour le Maroc n’est pas innocent et il n’est pas exagéré de penser que le rapprochement entre ces monarchies est porteur de nuisances pour l’Algérie. Pour quelles raisons ? Notre pays «coupable» d’avoir échappé au «printemps arabe» alimenté par le Qatar et l’Arabie Saoudite pour le compte de leurs maîtres occidentaux est toujours une cible à déstabiliser. 
La diplomatie algérienne a refusé de suivre l’Arabie Saoudite sur toutes les questions qui agitent le monde arabe, particulièrement le conflit en Syrie, mais également au Yémen. Par contre, le Maroc s’est aligné sur les positions de la famille Al-Saoud belliqueuses à l’égard de l’Iran et il participe à la guerre d’agression menée contre le Yémen. Les clairons de service qui crient en chœur à l’atteinte aux symboles de l’Etat (photo publiée par Le Monde et celle placée par Valls sur Twitter) sont muets devant le plan de déstabilisation autrement plus grave qui se trame contre l’Algérie dans les coulisses du CCG, qui multiplie les actes ouvertement hostiles à notre pays. 
L’alliance diabolique entre les monarchies du Golfe et le Maroc voisin représente un véritable danger pour nous : l’Arabie Saoudite arme le Makhzen et le gonfle à bloc pour adopter une attitude arrogante non plus à l’égard de son voisin de l’est uniquement, mais de l’ensemble de la communauté internationale à travers l’ONU et son secrétaire général. 
Autant notre classe politique est prompte à jouer à la vierge effarouchée par pur populisme quand il s’agit de la France, ancienne puissance coloniale, autant elle fait le dos rond quand les «frères» arabes nous plantent un couteau dans le dos. 
Personne ne peut ignorer que les accointances entre les monarchies du CCG et celle du Maroc sont dirigées contre l’Algérie, en premier lieu. Il suffit de prendre connaissance des comptes-rendus des médias sur le sommet CCG-Maroc de Riyad pour s’en convaincre.
K. M.