Sahara occidental – Gdeim Izik : quatre ans déjà

Par Mariam Ali
On l’a surnommé le camp de la Liberté, c’était la plus grande ma- nifestation sociale au Sahara occi- dental depuis 1975. Entre 15 000 et 20 000 Sahraouis y vivaient sous des tentes, à une douzaine de kilo- mètres d’El Ayoun, capitale occu- pée du Sahara occidental, pour protester contre la politique du Maroc et réclamer leurs droits. Lundi 8 novembre 2010 à l’aube, la barbarie marocaine a précédé le réveil des Sahraouis. Le campe- ment a été démantelé de force par l’armée marocaine. Le bilan offi ciel de la tuerie demeure à ce jour mé- connu, même si, de part et d’autre, l’on parle de 36 morts, une centai- ne de détenus et autres disparus. Ce qui est sûr et même certain, c’est que ce jour-là, les Marocains ont tenté un génocide. Dans un bref entretien qui nous avait été accordé, la militante espagnole Isa- bel Terraza et son ami Antonio Ve-
lazquez, témoins oculaires des évé- nements, rencontrés dans les camps des réfugiés sahraouis de Tindouf, n’ont jamais cru qu’un humain pouvait, en aucun cas, faire preuve d’une telle violence envers un autre. « Franchement moi, person- nellement, il m’est trop diffi cile de revenir sur ce qui s’est passé ce jour-là. En un mot, c’était un géno- cide. Cela restera gravé dans ma mémoire tant que je serai vivante. Oui, nous étions témoins du dé- mantèlement du camp de Gdeim Izik, moi et mon ami. Nous y étions depuis les premiers jours de son installation, soit depuis le 20 octo- bre 2010 plus exactement. Disons que nous avons beaucoup appris bien avant l’installation du campe- ment en dehors d’El Ayoun par les jeunes Sahraouis et là un fait nous a marqués », a-t- elle témoigné. Quatre ans se seront déjà écoulés. Et rien n’a changé. La situation dans les territoires occupés demeu- re la même face à un royaume ma-
rocain qui fait fi de toutes les condamnations de la communauté internationale, imposant ainsi son diktat à des populations meurtries, aff amées et pourchassées au quoti- dien. La hantise humaine de gou- verner a fait du Sahara occidental un coin où tous les maux sont réu- nis. Les violations des droits hu- mains au Sahara occidental ne dont pas un vain mot. La situation perdure au vu et au su de la com- munauté internationale. Les exem- ples ne manquent nullement. Ils sont édifi ants. La découverte ré- cente de fosses communes dans les territoires sahraouis occupés re- met, en eff et, à l’ordre du jour la question des crimes que commet- tent les autorités marocaines à l’encontre du peuple sahraoui, au mépris de la légalité internationale concernant le respect des droits de l’homme. Les dépassements maro- cains ont été ainsi mis à nu par la découverte, début 2013, de deux fosses communes dans la localité 
de Mkala, près de Smara, et non loin du « mur de la honte », selon les révélations d’Omar Abdesslam, président de l’Association des fa- milles des prisonniers et disparus sahraouis (Afapredesa). Les restes de 60 corps au moins, dont des en- fants, y ont été trouvés et l’identifi – cation de neuf d’entre eux a permis d’établir qu’il s’agissait de civils sa- hraouis exécutés par les forces ma- rocaines lors de l’invasion puis l’occupation du Sahara occidental. Le gouvernement sahraoui a appe- lé, à maintes reprises, à casser le blocage médiatique imposé par le Maroc dans les territoires sahraouis occupés, où des violations systé- matiques des droits de l’Homme et une répression aveugle et sauvage sont commises à l’égard des popu- lations locales. Les violations ma- rocaines concernent aussi le non- respect des lois internationales, en entravant notamment le travail des organisations de défense des droits de l’Homme.