Pas d’ouverture des frontières sur les cadavres des sahraouis

Le Premier ministre marocain exprime ses doutes sur le prochain sommet de l’UMA
Par Mourad Arbani 
Le sommet de l’Union du Maghreb arabe, théoriquement prévu pour la fin de l’année 2012, est vraisemblablement compromis.
C’est la conclusion qu’il convient de tirer des dernières déclarations du Premier ministre marocain, Abdelillah Benkirane pour qui la rencontre des chefs d’Etats de l’UMA, à l’initiative du président Tunisien Moncef El Marzouki, sera de « pure forme ».
Et pourquoi donc ? C’est la faute à l’Algérie, pour son refus d’ouvrir les frontières avec le Maroc. « Les conditions de la tenue d’un sommet ne sont pas encore mûres et tant que les frontières entre le Maroc et l’Algérie ne seront pas rouvertes, une telle réunion sera seulement de pure forme », a déclaré Abdelillah Benkirane dans une interview parue jeudi dans le quotidien Attajdid, l’organe de son parti islamiste Justice et Développement (PJD).
« Notre politique vis-à-vis de nos frères algériens est basée sur l’Histoire, les deux peuples sont liés par des relations d’amour et de fraternité. Malheureusement, la direction algérienne a un autre avis (…) mais nous parions sur l’avenir », a ajouté le premier ministre marocain qui fait porter ainsi à l’Algérie l’échec annoncé de ce sommet. « Il est impensable que la France et l’Allemagne se soient réconciliées et que l’Algérie soit en situation d’adversité vis-à-vis du Maroc », a encore martelé M. Benkirane.
Les propos de Ben Kirane viennent ainsi doucher les espoirs de relance de l’UMA dans la foulée des « printemps arabes ». Cet espoir de relance s’est même concrétisé dernièrement par une réunion des ministres des affaires étrangères de l’UMA, consacrée à la situation sécuritaire dans la région. Cette réunion était précédée auparavant d’un échange de visites ministérielles entre Alger et Rabat , mais également de déclarations apaisantes qui laissaient augurer de belles perspectives politiques pour la région.
Retour à la case départ donc ? Tout porte à le croire, car la vraie pomme de discorde reste la question du Sahara occidental, un dossier sur lequel Alger et Rabat divergent. Et sans l’Algérie et le Maroc, qui en constituent la locomotive, l’UMA ne sera qu’une coquille vide que ne rempliront pas les déclarations de bonnes intentions entre les pays qui la composent.
Algérie1, 28/07/2012