MUJAO, l’organisarion qui ne s’en prend qu’à l’Algérie et aux sahraouis

Ansar Edine, MUJAO et Aqmi : Les conséquences sur l’Algérie
Les nouvelles venant du Nord du Mali tombent l’une après l’autre, là où les terroristes de différentes factions assiègent cette vaste partie, voire à quelques kilomètres des frontières algériennes. Les fous de Dieu ont pourchassé les combattants du MNLA des deux villes, Gao et Tombouctou. Ils ont instauré la Charia et détruit des mausolées qui, pourtant, faisaient la fierté du peuple malien. Un pire scénario à l’ »Afghanisatisme ». Quelles sont les conséquences sur la stabilité et la sécurité de l’Algérie ?
L’Algérie suit de plus près l’évolution inquiétante au Nord du Mali. Une zone à haut risque, d’autant que les terroristes ont réussi de se métamorphoser et ce, à quelques dizaines de kilomètres des frontières algériennes. En effet, les terroristes, au nombre de plusieurs milliers, ont assiégé les grandes villes du Nord du Mali. Un décor propre à celui qui est vécu, actuellement, à l’Afghanistan.
Des véhicules de type 4X4 sillonnent les rues des villes de Gao, Tombouctou, Agheloc et Kidal, appartenant à Al Qaida, Ansar Edine et Mouvement pour l’Unicité et Jihad en Afrique de l’Ouest.
Les dépassements des groupuscules terroristes ont atteint le seuil. Ils ont non seulement, installé la Charia dans toutes les villes du nord malien, mais ces fous de Dieu ont, encore plus loin, pourchassé les combattants Azawads suite à plusieurs accrochages sanglants signalés à Gao et Tombouctou.
Le MNLA qui, au départ, a réussi de contrôler ces villes après avoir traqué l’armée malienne, s’est vu à son tour, pourchassé par les salafistes armés. Un scénario dont le MNLA n’avait pas prévu, lui qui avait déjà annoncé la création de son Etat et déclaré son indépendance. Effet boomerang.
Du coup, les terroristes ont infligé des pertes colossales au MNLA. On parle déjà de la mort d’une trentaine de combattants de l’Azawad lors d’un violent accrochage à Gao, entre les terroristes du MUJAO et les rebelles du MNLA.
C’était le cas aussi à Tombouctou, là où les terroristes d’Ansar Edine ont réédité le coup en tuant plusieurs rebelles Azawadis, obligeant ainsi au MNLA de quitter rapidement cette ville.
Plus grave également, des mausolées ont été détruits par la branche armée malienne, Ansar Edine, à Tombouctou.
Une ville symbolique du Mali, là où autrefois, des pèlerins venus des quatre coins de l’Afrique, se rendaient visite pour visiter le mausolée du Saint Sidi Mahmoud.
Un patrimoine mondial inscrit sur les annales de l’Unesco est en péril. Cela nous rappelle les agissements des talibans en Afghanistan, lorsqu’ils ont fait explosé les statuts de Bouddhistes en février 2001.
Le MUJAO, le mystérieux groupe terroriste qui s’en prend à l’Algérie
Le Mouvement pour l’Unicité et le Jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO), est une organisation terroriste créée récemment. Etrangement, depuis sa naissance en mars 2011, cette organisation criminelle s’en prend uniquement à l’Algérie. Des attaques terroristes ont été opérées par ce groupe sanguinaire ciblant, bizarrement, la ceinture sécuritaire de l’Algérie. A Tindouf comme à Tamanrasset et récemment à Ouargla, les villes « symboliques » algériennes ont été le théâtre des attentats commis par le MUJAO. Le dernier attentat kamikaze exécuté par ce groupe mystérieux est fait avant-hier seulement. C’est à Ouargla, là où les sbires d’Abou Gaâgaâ, chef sanguinaire de cette organisation terroriste, avaient frappé en exécutant un attentat suicide ciblant le corps de la Gendarmerie Nationale. Pourquoi maintenant ? C’est la question à laquelle des observateurs de la scène sécuritaire tentent de trouver une réponse quant à l’attentat suicide qui a ciblé, avant-hier, à 5h, le siège du Commandement régional de la Gendarmerie nationale de Ouargla. L’attentat, revendiqué, dans la même journée, en milieu d’après-midi, par le Mouvement pour l’unicité et le Jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), intervient, au lendemain de violents affrontements armés entre cette organisation terroriste et le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) à Gao, ville du nord du Mali. Des affrontements au bout desquels le Mujao s’est entièrement emparé de Gao et Tombouctou, deux villes du nord du Mali. Elle intervient, surtout, après la déclaration faite par le directeur général de la Sûreté nationale (DGSN), le Général-Major Abdelghani Hamel, que « les jeunes citadins ne rejoignent plus les maquis terroristes », le déplacement, récent, du Général-Major Ahmed Bousteilla, commandant de la Gendarmerie nationale, aux frontières algéro-marocaines et les instructions données aux garde-frontières (GGF) de renforcer la lutte contre les narcotrafiquants, ainsi que celle faite par le général du corps d’armée Gaïd Salah, à l’ occasion de la sortie de la quarantième promotion, mercredi dernier, à l’Académie militaire inter-armes de Cherchell, en présence du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, confirmant le refus de l’Algérie d’abandonner la lutte contre le terrorisme. L’attentat suicide d’hier est-il une réaction à l’un de ces événements ? A-t-il été décidé par le mystérieux Mujao pour toutes ces déclarations ? Le mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (qui, rappelle-t-on, sévit bizarrement en Afrique du Nord), est présenté comme étant une « dissidence » d’Aqmi. La création de cette organisation terroriste dirigée par un chef terroriste connu sous le pseudonyme de Abou Gaâgaâ, d’origine mauritanienne, en décembre 2011, impose nombre de questions dont celle relative à sa capacité de nuisance. En effet, comment le Mujao a, en seulement quelques mois, pu se doter d’une telle capacité de nuisance qu’Aqmi, dont il serait issu, ne dispose pas ? L’organisation terroriste a, rappelle-t-on, revendiqué l’enlèvement de trois Occidentaux, deux Espagnols et une Italienne, dans les camps de réfugiés sahraouis, à Tindouf, l’attentat suicide perpétré, le 3 mars 2012 contre un siège de la Gendarmerie nationale dans la wilaya de Tamanrasset, et le rapt, le 5 avril de la même année, de sept diplomates algériens à Gao, ville du nord du Mali. La même organisation terroriste a, rappelle-t-on, exigé le versement d’une rançon de 15 millions d’euros et la libération de détenus « Djihadistes » en Algérie ; faute de quoi le Mujao assassinerait les otages, menaçant, aussi, de perpétrer de nouveaux attentats contre l’Algérie. La justice algérienne, bien au contraire, poursuit la programmation de procès contre les chefs et éléments d’Aqmi. C’est ainsi qu’il y a trois jours, l’actuel émir national d’Al Qaïda au Maghreb islamique, a été condamné à la peine capitale au terme d’un procès ayant eu lieu au tribunal criminel près la cour d’Alger. C’est donc la détermination de l’Algérie, dans sa lutte contre toutes les formes du crime organisé et transfrontalier, dont le narcotrafic, face à l’acharnement terroriste représenté par Aqmi et le Mujao, qui est visée. 
Par Lotfi Itou
Les Débats, 1/07/2012