La résistance malgré le chantage

Lundi, 25 juin 2012, dans le quartier près de Errhaiba à El Aaiun au Sahara Occidental, La famille sahraouie El Mousaoui a organisé une manifestation pour dénoncer la suspension arbitraire par les autorités d’occupationmarocaines des salaires du père de la mère et des 5 fils de la famille. Ils travaillent à la promotion nationale pour un salaire mensuel de 1800 dh chacun (soit environ 160 euros). 
Avant la suppression du salaire, du harcèlement avait commencé quand Daida El Mousaoui le père de la famille et ses deux fils sont revenus dans les territoires occupés après leurs participations au 13ème congrès du Front Polisario. Se sont donc 4 foyers sahraouis qui se retrouvent sans moyens de subsistance, la maison du père de famille et celles de 3 de ses fils. Plus de 40 personnes ont manifesté leur solidarité avec la famille, contre l’injustice de ce moyen de pression des autorités coloniales sur les Saharaouis.
La promotion nationale est une indemnité de subsistance attribuée sur le budget du ministère de la défense. Le budget est géré par un Wali, un délégué de la promotion nationale et un colonel. Les décisions d’attribution sont prises en coordination avec la Wali au ministère de l’intérieur à Rabat. 
Cette somme est versée sans contrepartie ou en échange de travaux dans les branches de la construction, destravaux publics et des services de nettoyage. L’indemnité est d’un montant variable mais sans barème officiel. Certains bénéficiaires touchent une demi-promotion, d’autres jusque 2000 euros sans raison. 
L’octroi de cette indemnité peut être coupé du jour au lendemain et sans préavis par les autorités marocaines. Cela constitue un moyen de chantage ou de pression et permet au Royaume d’obliger certains sahraouis à aller acclamer le roi lors de sa venue, ou de participer aux mascarades propagandistes organisées au Sahara pour l’opinion publique, les autorités ou les médias internationaux.
Ce même jour, d’autres Saharaouis ont organisé une manifestation dans le quartier Erraha pour revendiquer l’autodétermination et l’Indépendance du Sahara Occidental.
Des affrontements ont éclaté entre la quarantaine de manifestants et les forces d’occupations, qui ont finalement réussi à disperser la manifestation.
Sans lien avec les événements de la journée, la police a pris d’assaut un coiffeur Saharaoui, Sid Ahmed Biza, du quartier Eraaha. Les policiers ont arrêté et battu Sid Ahmed Biza avant de le libérer.
EM, El Aaiún, Sahara Occidental occupé
Le 28 juin 2012
WSHRW, 28/06/2012