Prémisses

La défaite aurait-elle en fait été une libération pour un certain cadre de l’UMP ? C’est du moins l’impression que nombre d’entre eux donnent aujourd’hui en critiquant de façon acerbe la stratégie adoptée par leur parti pour aborder la présidentielle d’avril dernier. Une présidentielle à la suite de laquelle Nicolas Sarkozy a dû quitter l’Élysée après seulement un mandat à la tête de la France. Visiblement, pour certains membres du gouvernement ainsi que pour plusieurs cadres de l’UMP la droitisation de la campagne et du discours de leur candidat a été très mal vécue et est subie comme une véritable épreuve qu’il a fallu endurer par loyauté pour Nicolas Sarkozy. 
Ce dernier, entouré de conseillers à l’idéologie proche de celle du Front National aurait en effet été dévoyé et convaincu de durcir conséquemment sa ligne pour s’aligner sur celle de Marine Le Pen. Une stratégie, qui, on le sait aujourd’hui, loin d’avoir fonctionné semble surtout avoir favorisé le vote FN en décomplexant et en dédiabolisant en grande partie le programme du parti d’extrême droite. 
Ainsi, loin d’avoir fait gagner des voix à Nicolas Sarkozy, cette stratégie de droitisation a visiblement au contraire encouragé de nombreux électeurs encore frileux à franchir le pas et à voter pour celle qui portait sans ambages le discours le plus radical. Car après tout, quitte à être d’accord avec des idées et des points de programme de l’extrême droite, autant aller jusqu’au bout et voter pour la candidate du FN. Une défaillance dans la stratégie de l’équipe de Sarkozy que beaucoup critiquent après coup et notamment ceux qui sont aujourd’hui prêts à prendre la tête du parti. 
De nombreuses voix à l’UMP s’élèvent notamment pour demander une révision de la charte des valeurs du parti pour remplacer celle datant de 2002, établie à la création du mouvement. Une révision qui sera le prémisse d’un changement important à la tête du parti, un nouveau président pour l’UMP devant être désigné dans les prochains mois. Une désignation qui attise déjà toutes les convoitises et qui laisse augurer des tensions immenses entre les différents prétendants et leurs supporters. Reste à savoir qui des militants veulent avoir pour président et surtout si ces tensions grandissantes ne vont pas laisser le champ libre à Marine Le Pen qui est bien décidée pour sa part à détruire l’UMP pour reconstruire une nouvelle droite dont elle serait la dirigeante. 
F. M.
Le Jour d’Algérie, 27/06/2012