Le printemps arabe : L’Algérie doit faire attention

Les changements politiques ainsi que les troubles qui touchent les pays de la région pourraient être bénéfiques et utiles pour l’Algérie, est le constat fait hier, par les experts invités au colloque international ayant pour thème  » l’espace public médiatique et la sphère politique dans les sociétés maghrébines « , tenu hier l’hôtel Djazaïr.  » Objectif de la tenue de cette rencontre de tirer bénéfice des changements politiques et médiatiques vécus ces derniers temps par des pays de la région « , a déclaré à la presse Rédha Mezoui, directeur de laboratoire d’études et d’analyses des politiques publiques en Algérie et enseignant universitaire. Une bonne analyse de ce qui s’est passé dans les pays de la région pourrait être un remède et un vaccin contre les troubles internes et l’instabilité chronique. Dans son intervention le chercheur Mohamed Lakhdar Maougal est allé loin dans l’analyse de la situation. Il a révélé dans ce cadre que des forces étrangères menacent sérieusement l’Algérie d’une intervention militaire.
Dans ce cadre, il a cité une rencontre internationale organisée par l’Otan en Belgique cette année. «J’ai eu l’occasion de participer à une rencontre organisée à Bruxelles par l’Otan, je vous assure que j’ai été témoin d’une menace sérieuse d’intervention militaire étrangère sur le sol algérien», a-t-il annoncé devant une assistance composée de chercheurs et de journalistes. Toujours sur ce point il dira :  » ce qui se passe au Sahel est loin d’être qualifié de question sécuritaire contre l’organisation l’Aqmi mais, c’est une question qui cache d’autres dossiers plus compliqués « .
Pour soutenir ses propos il cité la déclaration de l’ex-président français Nicolas Sarkozy. « La déclaration en direct sur les plateaux de télévision lors du face-à-face avec Hollande de Nicolas Sarkozy sur l’Algérie, en la qualifiant de puissance régionale capable de résoudre les problèmes du Sahel notamment des otages français s’inscrit dans cette offensive occidentale contre l’Algérie », a-t-il expliqué. L’Algérie constitue pour ces puissances, d’après le conférencier un obstacle pour le projet de la reconfiguration de l’empire occidental. Dans son intervention Mohamed Lakhdar Maougal est revenu également sur la terminologie des révolutions arabes. « Les révolutions tunisienne et égyptienne ont donné naissance à de nouveaux termes comme  » peuple veut renverser le régime, ou le mot (dégage) « . Sur la révolution tunisienne il dira que les Occidentaux disaient avant le départ de Ben Ali que le peuple tunisien a besoin de pain et non de démocratie. Pour lui la révolution tunisienne était au départ spontanée. Notons que ce colloque s’étale sur deux jours, et est le fruit d’une initiative commune entre l’Université d’Alger 3 en partenariat avec l’Ecole nationale supérieure des statistiques et d’économie appliquée. 
Par Rachid Chihab
Les Débats, 22/05/2012