Plan d’autonomie marocain : La disgrâce ?

Par : Soraya Hakim
Le plan d’autonomie qu’impose le Maroc depuis plusieurs décennies divise aujourd’hui Américains et Marocains. Il y a de l’eau dans le gaz. Le grand Gendarme du monde ne veut plus encenser comme l’avait fait ses prédécesseurs la proposition marocaine d’autonomie pour le Sahara occidental. Le Polisario y entrevoit une petite lueur d’espoir sur la question de l’autodétermination. Sa majesté Mohamed VI s’était bien gardé de rencontrer l’envoyé spécial de l’Onu, Christopher Ross, au cours de sa visite au Maroc. Le Makhzen n’a pas du tout apprécié le rapport critique et brandit le carton rouge contre Christopher Ross, ancien ambassadeur des Etats-Unis à Alger l’accusant d’accomplir un travail de «partialité et déséquilibré». 
Le monarque s’indigne que M. Ross s’écarte des grandes lignes «tracées» par le Conseil de sécurité et de «l’ingérence flagrante dans le conflit». Mais ce qui plait pas du tout à sa majesté ce sont les positions opiniâtres sur les questions des droits de l’Homme mentionnées dans le rapport. 
Celui-ci veut imposer la conduite à tenir au secrétaire général, Ban Ki Moon. Il faut suivre la voie royale à tout prix. La question des réfugiés sahraouis à Tindouf fâche également les Marocains. Sous contrôle du Front Polisario, Rabat les considère comme des ressortissants marocains. 
Même si le Maroc retire sa confiance à Christopher Ross il n’en demeure pas moins que la position de Barak Obama vis-à-vis du roi est un camouflet. 
La dernière résolution en date de mardi dernier a de nouveau consacré le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et réaffirme que la question du Sahara occidental doit être réglée sous l’angle de la décolonisation qui est toujours au point mort. 
Rabat est tenu de respecter les accords auxquels il a souscrit, mais s’accroche à son plan d’autonomie. Avec la décision unilatérale du Maroc de retirer sa confiance à l’émissaire américain, c’est plutôt un revers que subit le Maroc, mais ne dit-on pas que la meilleure défense c’est l’attaque.
Le Midi Libre, 19/05/2012