La situation au Sahara occidental inquiète la communauté internationale

L’ONU interpelle le Maroc
L’étau se resserre de plus en plus sur le Maroc, qui continue de subir les critiques de la communauté internationale sur la question des droits de l’homme au Sahara occidental. 
Cette fois-ci, c’est le Comité des Nations unies contre la torture (CAT) qui a appelé dans un rapport publié récemment à Genève le Maroc «à prendre des mesures urgentes et concrètes pour mettre fin à la violence et aux abus perpétrés contre les prisonniers politiques sahraouis et la population civile». Le rapport qui contient les observations du Comité des Nations unies sur le dernier rapport périodique sur le Maroc en novembre 2011, transmis au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU à Genève, a recommandé au Maroc de prendre des «mesures concrètes» pour mettre fin aux actes de torture et aux violations flagrantes des droits de l’Homme commises par les forces d’occupation marocaines contre les civils sahraouis».
Conformément à la Convention contre la torture il n’y a «aucune circonstance exceptionnelle pour justifier de telles pratiques de torture dans les territoires sahraouis occupés», a déclaré le CAT. Selon le CAT, les procédures de maintien de sécurité «devront être appliquées dans le respect du droit international et des droits de l’homme», soutient-il.
Le Comité a exprimé sa «profonde préoccupation» devant les circonstances de l’évacuation du camp de protestation de Gdaïm Izik, où plusieurs personnes ont trouvé la mort, arrêtées ou portées disparues, sans qu’aucune enquête sérieuse soit faite pour faire la lumière sur ces faits et identifier les responsables.
Jusqu’à aujourd’hui encore, 23 Sahraouis arrêtés lors du démantèlement du camp sont détenus dans la prison de Salé près de Rabat, où ils risquent la peine capital, au vu des chefs d’inculpation retenus contre eux par un tribunal militaire de la même ville.
Un premier procès a été reporté sans raison, au mois de janvier dernier. Plusieurs ONG ont dénoncé la passage de ces détenus dans un tribunal militaire.
Y. M.
Le Jeune Indépendant, 7/3/2012