Mohamed VI honore les tortionnaires de Mehdi Ben Barka

Par Hakim Merabet 
La publication de la liste nominative des heureux élus de sa majesté le roi Mohamed VI pour le très convoité agrément de transport « la grime », permis aux marocains de découvrir de(mauvaises) surprises. En effet de sulfureux personnages ou leur héritiers, connus pour leurs passés tortionnaires au sein des services marocains sous Hassan II, ont eu la main heureuse en décrochant le précieux sésame.
Ainsi en plus de Miloud Tounzi et Abdelkader Saka, deux sinistres personnages ayant participé à l’enlèvement de Mehdi Ben Barka en 1965, la liste des « grimistes » révèle deux autres noms de tortionnaires très connus, selon le journal demainonline.
Il s’agit de Mohamed Achaachi, le chef du département  » contre subversion  » du Cab1, la police politique de triste mémoire qui a été avant l’apparition de sa digne héritière, la DST, un haut lieu de la torture durant les pires années de plomb.
Tel père, tel fils
Mohamed Achaachi, décédé en 2003 (c’est pour cela que son nom apparaît sous la référence « Les Héritiers de feu Mohamed Achaachi « ), se trouvait à Paris le jour de l’enlèvement et postérieur assassinat de Mehdi Ben Barka. Pour services rendus à la tyrannie, Achaachi a obtenu un agrément de transport entre Rabat et Demnate, souligne la même source.
Mais c’est le nom de Abdelhaq Achaachi, frère du précédent et également membre du Cab1 qui soulévent plus de questions. Ce Achaachi est toujours vivant et il est réclamé depuis 2007 par le juge français Patrick Ramaël qui a lancé contre lui un mandat d’arrêt international que le président français Nicolas Sarkozy a stoppé l’exécution pour des raison obscures en 2009.
Le mandat d’arrêt international, qui concerne, outre Achaachi, les généraux Abdelhak Kadiri et Hosni Benslimane, ainsi qu’un autre  » grimiste  » Miloud Tounzi, alias Larbi Chtouki, est toujours là, mais il est  » suspendu « . Or, Abdelhaq Achaachi, est bénéficiaire depuis 2011 de pas moins de 4 agréments de transports, y est–il précisé.
Conclusion de notre confrère marocain : « Que Hassan II ait récompensé ses hommes de main pour la sale besogne accomplie en 1965, c’est compréhensible, mais que Mohamed VI le fasse en 2011 l’est beaucoup moins ».
Comme quoi, tel père tel fils !
Algérie-Plus, 06/03/2012