Paris est plus ferme que Rabat sur l’autonomie et la libre… répression au Sahara occidental. Pourquoi le roi changerait-il alors ?

Croire Paris et… pourrir 
Écrit par Par Mohamed Zaâf 
Christopher Ross, l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara, semble regretter le statu quo qui se poursuit telle la vis d’Archimède au Sahara occidental, que le Maroc occupe militairement depuis 1975. Un statu quo porteur de dangers pour la région et au-delà, nous dit si justement le diplomate, à un moment où le Sahel regorge d’armes et d’associations en armes, à la faveur des «bienfaits» de l’OTAN en Libye.
Dans une interview publiée le week-end dernier sur le site de l’ONU, M. Ross rappelle que le Conseil de sécurité réclame «une solution juste, durable et mutuellement acceptable, qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental». Mais le Maroc de Mohamed VI ne veut pas laisser le peuple sahraoui fixer librement son destin. Il se montre aussi borné que l’était feu Hassan II lorsqu’il parlait de «référendum confirmatif», avant de se résigner à accepter le plan OUA/ONU que Rabat reniera plus tard après sa disparition. 
Aujourd’hui, le Maroc ne fait pas mieux en mettant hors jeu la solution onusienne pour dicter sa solution et imposer l’autonomie. A prendre ou à laisser, dit-il, brandissant publiquement le fameux credo despotique : «celui qui n’est pas avec moi est contre moi». Pourquoi M. Ross s’attendrait-il à ce que le commandeur des croyants se ravise et se plie à la légalité internationale quand plus rien ne vient s’opposer physiquement à sa voracité territoriale. Une qualité que seul Israël peut lui rivaliser. Rabat pille le phosphate des Sahraouis comme il pille leurs richesses halieutiques, et s’ils réclament on leur tape dessus et on les interne. M. Ross doit très bien le savoir, comme il doit savoir comment les forces marocaines répriment avec leurs colons les populations autochtones à l’occasion des manifestations nationalistes. Comme faisaient les Français chez nous durant la nuit coloniale. M. Ross le sait, comme il sait qu’aujourd’hui c’est Paris qui porte à bout de bras la colonisation des terres sahraouies et que c’est la France qui assure l’impunité au Maroc en s’opposant, au Conseil de sécurité, à toute demande de protection des droits humains au Sahara occidental. 
Paris est plus ferme que Rabat sur l’autonomie et la libre… répression au Sahara occidental. Pourquoi le roi changerait-il alors ? 
Le Jeune Indépendant, 29/1/2012