La découverte du pétrole dans l’atlantique va augmenter la tension avec le Maroc, selon l’armée espagnole

Les Forces armées auront besoin des antennes de la Muda. Les tensions entre l’Espagne et le Maroc seront exacerbées après la découverte des gisements de pétrole dans l’Atlantique, selon les explications fournies hier par le chef du Commandement militaire des îles Canaries, le lieutenant général César Muro Benayas, lors d’une rencontre avec des journalistes à la caserne de Los Rodeos, dans La Laguna.

Muro a défendu la nécessité de l’installation militaire de la Muda en s’appuyant sur le poids de la géographie des îles Canaries et en argumentant que « la défense ne peut pas être improvisée ». Le chef militaire affirme que des millions de touristes européens visitant l’archipel se sentent protégés par l’armée dans les îles, ainsi que par leur appartenance à l’OTAN. « Les Européens savent ce que cela signifie d’être agressé par un voisin », a-t-il dit en allusion aux guerres mondiales face à celles des Espagnols, plus intimes.

Plus précisément, en se référant à Fuerteventura, Muro a quantifié l’impact économique de la présence militaire sur l’île à environ 23 millions d’euros par an. Et après un récit sur les besoins défensifs canariens, il a invité les personnes affectées, et les institutions « majoreras » (de la ville de Fuerteventura ou tous ce qui réfère à ce lieu) concernées, qui s’opposent à l’installation des antennes, « à aller au ministère de la Défense à Madrid ».

« Ce n’est pas Léon ou Ségovie », a déclaré Cesar Muro. « Nous devons être conscients que nous vivons dans des îles à une centaine de kilomètres du continent africain, et que c’est par là que tous les bateaux passent ; et on se trouve à proximité d’Al-Qaïda au Maghreb islamique, le groupe terroriste le plus violent ». Et il a enchaîné: « La question du pétrole, qui va prochainement se poser, sera une source d’instabilité et augmentera la tension ».

Cesar Muro, qui n’a pas tari d’éloges pour le rôle du Roi du Maroc, connaît bien la réalité du pays voisin, ayant occupé certains de ses postes militaires au Sahara et à Melilla. La nécessité d’un contrôle militaire dans la région s’appuie, par exemple, sur le fait que la navigation autour des îles comprend « le trafic le plus horrible », en référence aux transactions illégales dans la région. Pour tout cela, et pour la déficience en contrôle dans le désert du Sahel, infestée de terroristes, Cesar Muro fait valoir qu’ »il est imprudent » de supprimer les installations de la Défense et réduire les soldats de l’archipel.

Le chef du Commandement militaire des îles Canaries a profité de la réunion avec les journalistes pour indiquer que les soldats des Canaries en Afghanistan ont été parmi « les meilleurs ». Interrogé sur la présence de canots sur la côte il a déclaré: « Je pense que nous n’allons pas avoir ce problème que maintenant ».

Le refus

Les intentions du ministère de la Défense d’agrandir ses installations au sommet de la montagne de La Muda a été bloqué par le rejet du Parlement des Canaries, et du Conseil de gouvernement, les conseils insulaires et les groupes sociaux. Ils appellent tous à l’examen d’autres zones alternatives pour éviter d’affecter les zones naturelles protégées. La défense a accéléré l’exécution des travaux en sur les mêmes arguments d’intérêts généraux pour la Défense nationale, ce qui ne requiert pas de procédure d’impact environnemental, ainsi que d’autorisation de planification.

La déclaration, selon le Cabildo (conseil d’administration insulaire) et le conseil insulaire, se réfère uniquement à des travaux d’installation, et n’améliore en rien l’accès. Par conséquent, il a ordonné l’arrêt du travail sur la route qui mène vers le sommet qu’avait effectué une entreprise de Lanzarote, suite au refus de Fuerteventura. Les protestations des œuvres de La Muda ont déclenché une manifestation de protestation et un concert de revendications pour les résidents de La Matilla.

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PANORAMAROC, 30/1/2012