La khaïma maghrébine ne sera pas érigée sur les cadavres des sahraouis

On passe à l’autre étape ?
Hillary Clinton a contacté son homologue marocain Saad Eddine El Othmani pour le féliciter au téléphone de son voyage réussi chez les Algériens, ces frères qu’on retrouve à volonté, nous disent les médias marocains, citant le département d’Etat américain.
Ici à Alger, nous serions plutôt tentés de croire que c’est la curiosité qui a poussé la ministre américaine à «auditionner» El Othmani pour savoir si les choses marchaient comme désiré. C’est que le mois prochain Mme Clinton compte faire une virée dans la région, alors qu’une réunion maghrébine est annoncée à Rabat pour le mois prochain. A Rabat, Mme Clinton doit y aller aussi, mais on ne sait pas si elle y sera avant la réunion pour y donner le la ou si elle ira après pour féliciter cette fois non pas téléphoniquement mais de vive voix El Othmani et son roi, le véritable boss de la politique extérieure du royaume, si l’on excepte les parrains. Mme Clinton ne se contentera pas d’un passage à Rabat, M. Mourad Medelci, nous avait informé à partir du sol américain qu’elle comptait être parmi nous au mois de février, alors que d’autres sources marocaines lui prêtent l’intention de visiter en ce même mois d’autres pays de la région dont la Libye et la Tunisie, deux pays occupés à digérer leur part de printemps arabe. Les autres peuples maghrébins qui n’ont pas connu les dégâts printaniers semblent accaparés en ces moments par la salat el-istisqâ. Ils ne vont quand même pas indisposer Mme Clinton en lui demandant de leur envoyer de la flotte, en plus du Coca-Cola, du chewin-gum et de… l’Africom ? A Alger, la ministre aura probablement droit à un couscous… royal ; elle pourra même se faire servir une bonne tchekhchoukha comme en raffolait l’ancien ambassadeur américain chez nous. Mais pour ce qui est de la construction maghrébine ou des relations algéro-marocaines, il faut qu’elle sache qu’on aime conduire notre barque à notre façon. Elle peut jouer à la marraine autant qu’elle veut, mais qu’on ne vienne pas demander à l’Algérie de faire la généreuse avec le bien des Sahraouis (peuple du Sahara Occidental, ancienne colonie espagnole envahie par le Maroc en 1975, ndds) ou d’ériger la khaïma maghrébine sur leurs cadavres. L’affaire n’est pas un problème d’humeur entre Bouteflika et Mohammed VI, comme pensent certains. La constance de la position algérienne sous ses différents présidents le démontre amplement ! M. Z. 
Le Jeune Indépendant, 29/1/2012