Tunisie : Les victimes "des émeutes du pain" exigent l'activation de la "justice transitionnelle"

Lors d’une manifestation organisée dans la capitale pour commémorer les événements de 1984, au cours desquels des dizaines de personnes ont été tuées après des manifestations contre l’augmentation de 100% des prix du pain.

AA – Tunis – Chaima Manaï

Des dizaines de victimes tunisiennes « des émeutes du pain » ont appelé les autorités de leur pays à activer le processus de la justice transitionnelle, à rendre hommage à tous ceux qui ont été abattus par l’armée et la police, et à indemniser les familles de ceux qui ont été tués ou réprimés par ce soulèvement populaire.

En marge d’une manifestation organisée par la Commission nationale des victimes de la tyrannie (indépendante), vendredi matin, devant le Théâtre municipal de Tunis, en commémoration « des émeutes du pain » de 1984.

En effet, le 3 janvier 1984 des manifestations massives avaient secoué toutes les régions du pays pour protester contre la décision du gouvernement d’augmenter le prix du pain et des dérivés des céréales de plus de 100%.

À l’époque, les autorités avaient riposté avec des balles réelles, entraînant la mort de dizaines de manifestants avant que l’ancien président Habib Bourguiba (au pouvoir de 1956 à 1987) n’annonce l’annulation des augmentations.

Pour le porte parole de la Commission nationale des victimes de la tyrannie, Abdelhamid Troudi, « l’État, avec ses gouvernements successifs, n’a pas appliqué la loi, ainsi, la manifestation tenue, vendredi, vise à rappeler aux Tunisiens les souffrances des émeutes du pain ».

« Aujourd’hui, nous exigeons l’activation du processus de la justice transitionnelle, dont le plus important est le retour des droits de ceux qui les détiennent conformément au décret général d’amnistie législative », a-t-il soutenu.

Dans ce contexte, Troudi n’a pas exclut la possibilité de « tenir un sit-in ouvert devant l’Assemblée des représentants du peuple pour faire pression sur le Parlement et le prochain gouvernement ».

Les participants à la manifestation tenue au centre de Tunis ont brandit des pancartes où c’est écrit « les émeutes du pain, un crime d’État par excellence » et « une cause nationale prouve que la volonté du peuple est indomptable ».

De son côté, Mehrez Chargui, l’une des victimes «des émeutes du pain», a expliqué à Anadolu qu’il s’agit bien d’un crime d’État. « Nous avons été jugés injustement avec des peines allant de 5 ans jusqu’à la mort ».

Anadolou

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