L’Orient, l’occident, la Libye et l’Algérie

A bien voir la cartographie politique du Maghreb, ces derniers mois, on est tenté de penser que quelques chose de déterminant pour l’avenir de la région est en train de se dessiner. Alors qu’il y a quelques années le couple franco-anglais se partageait les rôles et mettait en œuvre son «œuvre stratégique», à coup de destruction de la Libye, en entraînant les USA dans leur manigances, aujourd’hui, ce sont d’autres acteurs, turc et égyptien, qui prennent chacun un côté de la Libye au risque de la déchirer en deux Etats «croupions», à leurs solde.

Il y a moins d’une dizaine d’années, en allumant l’étincelle libyenne du « printemps arabe», Français et Britanniques ont imaginé leur propre scénario. Ils espéraient enchaîner avec l’épisode algérien, mais ont buté sur la détermination d’un peuple qui ne se laisse pas faire. Aujourd’hui, Turcs et Egyptiens se rendent compte qu’il existe dans la région du Maghreb un acteur central qui empêchera toute démarche aventureuse, susceptible de «somaliser» la Libye.

Les uns et les autres ont été obligés d’adapter leurs discours envers notre pays, recadrer le niveau de coopération et reconnaitre l’Etat algérien comme un partenaire crédible sérieux et respectable. L’on a bien senti cela lors du fameux sommet de Berlin où l’Algérie a réussi à faire admettre le bien fondé de sa vision sur le conflit libyen.

Cela étant, les deux «plus vielles nations dans le monde», comme les deux «vieilles» puissances de la région, ont tout de même réussi pas mal de chemin dans leur œuvre réorganisatrice de la région nord africaine et arabe. Et les uns et les autres ne se font pas prier pour capitaliser sur les quelques succès accumulés lors du «printemps arabe».

Donneurs de leçons par-ci, paternalistes par-là, ils vaquent à leurs occupations, se passent le relais, dans une région qu’historiquement, les quatre Etats connaissent assez bien. Et c’est dans l’ordre des choses donc qu’ils y envoient des troupes, pensent-ils.

Cette nouvelle réorganisation stratégique de la région l’Algérie a son mot à dire. En plus de confirmer son indépendance et sa souveraineté, la nouvelle donne la met en position de puissance régionale. Mais ce nouveau positionnement de l’Algérie impose un effort de tous les instants pour le maintenir et en tirer profit. Nous nous dirigeons vers une longue et périlleuse «guerre des nerfs» entre notre pays, les occidentaux et les pays orientaux. D’où la vigilance qui doit être permanente.
Par Nabil G.

Ouest Tribune, 4 août 2020

Tags : Algérie, Libye, Tripoli, GNA, Haftar,

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