L'autre visage de la guerre au Sahara Occidental

Depuis 1991, année d’application du cessez-le-feu au Sahara Occidental, la guerre a pris un tournant pour se livrer sur un autre champ de bataille aussi puisssant que celui de la confrontation militaire : la guerre des mots, des définitions, des conceptions, pour détourner les débats publiques au sujet du drame humain vécu par le peuple sahraoui depuis plus de 34 ans à cause de l’invasion militaire marocaine. Quelles sont les méthodes utilisées par la machine de propagande marocaine pour arriver à imposer le fait accompli?

1) Tergiverser le débat pour sortir du contexte qui définit la nature du conflit en tant que problème de décolonisation dont l’issue a été clairement définie par l’ONU dans ses résolutions depuis plus de 40 ans : un référendum dans lequel la population sahraoui doit faire son choix d’une façon libre et démocratique. L’autonomie ne constitue en aucun cas une autre définition de référendum et n’est qu’une amalgame pour échapper de la légalité internationale.

2) Utiliser les maux de la planète (terrorisme, trafic de drogues, immigration, etc) pour désigner le Front Polisario comme una bande de terroristes et des bandits dédiés au trafic des drogues et à la traite des êtres humains (immigrants africains clandestins). Les citoyens sahraouis dans les territoires occupés sont décrétés des « criminels casseurs agissant contre l’intégrité territoriale et la loi en vigueur ». Tout cela dans le cadre d’un programme sophistiqué pour diaboliser le Front Polisario dont le combat est fort connu et n’a jamais dépassé les jeux de la « confrontation propre » et dans les limites de la légalité.

3) Jouer sur l’angoisse et la peur des sociétés occidentales : terrorisme, drogues, immigration, Iran, Venezuela, etc. Les dirigeants marocains sont allés juisqu’à perpétrer des attentats et signaler le Front Polisario comme responsable. Quant on sait que le Maroc est champion des opérations sous fausse banière, comme ce fut le cas dans l’assassinat de Mehdi Ben Barka, en 1965, et l’attentat contre la voiture de l’ambassadeur mauritanien en plein cœur de Pais en 1976, son appui confirmé aux terroristes du GIA en Algérie, on peut se demander si la vélléité exprimé à l’égard du président Jose Maria Aznar n’est pas derrière les attentats du 11 mars 2004 à Madrid et dont les responsables sont toujours en liberté.

4) Anticiper et gonfler les erreurs du passé du Front Polisario pour camoufler les massacres perpétrés contre la population sahraouie depuis 1975 et faire passer les réfugiés sahraouis pour des séquestrés alors que tous les rapports des organisations humanitaires internationales ont étudié de près la situation dans les camps de la dignité à Tindouf.

5) Le mensonge basé sur la malhonnêteté, la prévarication et la tromperie surtout lorsqu’elle est dirigée au public naïf de l’Occident en cachant, autant que faire se peut, la nature fasciste de son gouvernement. Ainsi, on entend Bernard Couchner et compagnie répéter constamment « Le Maroc fait des progrès en matière de démocratie, libertés individuelles, droits de l’homme, etc. » alors que la tragédie vécue par le peuple marocain est pire que celle connue par le peuple sahraoui.

6) Exploiter au maximum les lobbys et relations publiques du Maroc avec les EEUU, la France, Israël, et autres pour substtituer le processus de paix entamé par les Nations Unies depuis plus de 17 ans.

7) La répétition constante des faux arguments et des mensonges à coup de marteaux pour qu’ils prennent l’allure de vérité et fassent oublier les drames de tout un peuple dont le seul crime est d’aspirer à libérer son pays et de refuser de vivre sous la tutelle d’un royaume arcaïque dont les pilliers sont construits sur la corruption, la repression et l’injustice.

8) Inonder les médias et les instances internationales en dépêchant dans tous les évènements médiatiques des porte-paroles présentant la même version des faits, considérant que c’est une garantie de succès tout en interdisant l’accès des médias et aux ONG’s aux territoires occupés
de la RASD et en répétant constamment que les réfugiés sahraouis sont des séquestrés et que l’autonomie est la seule issue pour ce conflit.

9) Faire des scandales dans tous les mitings et réunions consacrés au sujet du Sahara Occidental et empêcher les orateurs de faire passer leurs discours.

10) Prétendre que la stabilité du régime au Maroc est étroitement liée à l’annexion du Sahara Occidental et sortir le phantome de la ménace que constitue l’armée marocaine pour le palais.

Pour nous, les sahraouis, nous considérons que c’est scandaleux que la communauté internationale, et particulièrement les EEUU et la France, puissent tolérer un tel scénario et se laissent duper et tromper par les mensonges d’un état voyou dont le roi est l’un des hommes les plus riches au monde, qui a laissé son pays gangréner dans la corruption et la misère malgré ses nombreuses ressources naturelles et malgré les centaines de milliards d’aide apportés par ses alliés.

Si la communauté internationale a eu le courage d’affronter les talibans et le régime de Saddam Husein, les criminels de guerre en ex-Yougoslavie, au Congo, au Soudan, elle doit être capable de rendre justice et protéger la population sahraouie contre son agresseur.

Comment la France, berceau de la démocratie, dont la divise est « égalité, liberté, fraternité » puisse fraterniser avec un régime comme celui qui détient les rennes au Maroc? Croit-elle vraiment qu’on peut anéantir un peuple dont la bravoure a été plus que démontrée et sa décision d’arracher ses droits à n’importe quel prix? En tout cas, ce n’est pas la perversion politique du Maroc, de la France et des EEUU qui arrêteront sa marche irreversible vers la liberté et l’indépendance.

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